Book 1
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S’il faut encore s’en référer sur ce point aux vers d’Homère, qui, en sa qualité de poète, a dû nécessairement amplifier et embellir, l’infériorité dont je parle n’en demeure pas moins démontrée. H compte douze cents vaisseaux, montés, ceux des Béotiens par cent vingt hommes, ceux de Philoctète par cinquante : ce qui est apparemment une manière d’indiquer les plus grands et les plus petits ; car ce sont les seuls dont il mentionne la force dans le Catalogue des navires Le catalogue des navires dans l'Iliade est l’énumération détaillée des divers contingents qui composaient la Hotte des Grecs devant Troie. Ce catalogue, appelé aussi Βοιωτία parce qu’il commence par les vaisseaux des Béotiens, oecupe toute la dernière partie du II· chant de l’Iliade, depuis le vers 494. Le nombre total des vaisseaux n’est pas de 1200, mais de 1186. Ceux des Béotiens sont cités au vers 510, ceux de Philoctète au vers 719. . Tous les hommes d’équipage étaient à la fois soldats et matelots; c’est du moins ce qu’il donne à entendre en parlant des vaisseaux de Philoctète, dont il représente les rameurs comme autant d’archers; d’ailleurs il n’est pas vraisemblable qu’à part les rois et les principaux personnages, il y eût à bord beaucoup de gens inoccupés, surtout quand on se disposait à traverser la grande mer, avec un attirail de guerre , sur des bâtiments non pontés et construits d’après l’ancien système, comme des barques armées en course. Si donc on prend une moyenne entre les plus grands vaisseaux et les plus petits, on reconnaît que le nombre des troupes réunies n’était pas fort considérable, pour une entreprise formée par le concours de la Grèce entièreSi Fon prend le nombre rond de 1200 vaisseaux, nombre indiqné par Thucydide, la moyenne serait de 85 hommes par vaisseau, c’est-à-dire 102 000 hommes pour la totalité de l’armée. .