Book 1
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Même après la guerre de Troie, la Grèce vit encore des déplacements et des migrations qui, en lui ôtant le repos, firent obstacle à son accroissement. Le retour des Grecs après leur longue absence occasionna dans beaucoup de villes des troubles 'et des séditions. Ceux qui en furent victimes allèrent s’établir ailleurs. Ainsi les‘Béotiens d’aujourd'hui, chassés d’Arné par les Thessaliens soixante ans après la prise de Troie La ville d’Arné, métropole des Béotiens, était, à ce qu’on croit, située dans la partie centrale de la Thessalie, entre les fleuves Énipée et Apidanos. Cette ville disparut dans la suite; mais U en resta un temple de Minerve Itonienne, divinité nationale des Béotiens, et à laquelle ils en élevèrent un nouveau près de Coronée en Béotie. , se fixèrent dans le pays appelé maintenant Béotie et jadis Cadméïde : il y avait déjà dans ce pays une fraction du même peuple, qui envoya des guerriers au siège d’IlionThucydide va au-devant d’une objection que les Grecs n’auraient pas manqué de lui faire. Dans le catalogue des navires, Homère cite en première ligne les Béotiens. Suivant l’usage, il leur assigne Fex-trême droite, parce que l’armée avait été rassemblée dans le port d’Aulis, sur leur territoire. Il fallait donc qu’à cette époque il y eût déjà des Béotiens en Béotie. . Quatre-vingts ans après la prise de Troie, les Doriens s’emparèrent du Péloponèse sous la conduite des HéraclidesLa conquête du Péloponèse par les Doriens, ayant à leur tête les Héraclides ou descendants d’Hercule, eut lieu, selon les calculs les plus probables, 1104 ans av. J. G.; ce qui reporte la date de la prise de Troie à 1184 av. J. C. Hérodote parle incidemment (IX, 26) de la tentative faite par Hyllos, fils d’Hercule, pour rentrer en possession du royaume de Mycènes; mais il ne raconte pas la grande expédition des Doriens. On peut consulter sur ce sujet l’ouvrage classique d’O. Muller [Die Dorier), ouvrage qui attend toujours une traduction française. . Enfin, lorsqu’après un long intervalle la Grèce, délivrée des migrations, jouit d’un repos assuré, elle forma des établissements au dehors; les Athéniens colonisèrent l’Ionie nt la plupart des fies, et les Pélo-ponésiens, la majeure partie de l’Italie et de la Sicile, sans compter quelques établissements dans le reste de la Grèce. Toutes ces colonies sont postérieures à la guerre de Troie.