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CXXXIX. Telles furent, lors de la première ambassade, les injonctions que firent et reçurent les Lacédémoniens pour l’expulsion des sacriléges. Ils renouvelèrent plus tard leurs réclamations ; de plus, ils enjoignirent aux Athéniens de lever le siége de Potidée et de rendre à Égine son indépendance ; ils insistaient surtout, et d’une manière formelle, sur le retrait du décret qui interdisait aux Mégariens les ports de domination athénienne et le marché de l’AttiqueVoy. chap. lxvii, et Aristoph. dans la Paix, v. 598. ; à cette condition, disaient-ils, ils ne feraient pas la guerre. Mais les Athéniens ne voulurent écouter aucune réclamation, pas plus celle relative au rapport du décret que les autres : ils accusaient les Mégariens de cultiver un terrain sacré, resté en litige entre euxCe territoire, situé sur les frontières de l’Attique et de la Mégaride, était appelé Orgas, et consacré à Cérès et à Proserpine., et de donner asile à leurs esclaves fugitifsAllusion aux servantes d’Aspasie, dont parle Aristophane dans les Acharn., v. 525.. Enfin les derniers députés de Lacédémone, Ramphias, Mélésippus et Agésandre, sans revenir en rien sur les réclamations antérieures, firent cette simple déclaration : « Les Lacédémoniens veulent la paix ; elle subsisterait si vous laissiez aux Grecs leur indépendance. » Les Athéniens se formèrent alors en as- semblée et invitèrent chacun à donner son avis. Il fut résolu qu’après délibération on répondrait sur l’ensemble, une fois pour toutes. Bien des paroles furent échangées et les deux opinions opposées trouvèrent des partisans, les uns soutenant qu’il fallait faire la guerre, les autres que le décret ne devait pas être un obstacle à la paix, et qu’il fallait le rapporter. Périclès, fils de Xanthippe, s’avança alors ; c’était, à cette époque, l’homme le plus éminent d’Athènes, le premier en tout, et pour la parole et pour l’action. Il les exhorta en ces termes :