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Ἱστορίαι

Ἱστορίαι Thucydides

Book 1

2 Le pays qui porte aujourd’hui le nom de Grèce, ne fut pas primitivement habité d’une manière stable, mais il fut le théâtre de fréquentes migrations. On abandonnait sans peine ses demeures, pour faire place à de nouveaux flots d’arrivants. Comme il n’y avait aucun commerce, aucune communication assurée ni par terre ni par mer ; que chacun exploitait le sol uniquement dans la mesure de ses besoins, sans penser à s’enrichir, sans même faire de plantations (car avec des villes ouvertes, on ne savait jamais si les récoltes ne seraient pas enlevées par des ravisseurs étrangers); enfin, comme on espérait trouver partout la subsistance journalière, on émigrait sans difficulté. Aussi la Grèce n’avait-elle ni grandes villes, ni aucun des éléments essentiels de la puissance. La meilleure terre était celle qui changeait le plus souvent de maîtres : par exemple la Thessalie Avant d'être occupée par lesThessaliens, petiple venu de Thesprotide, la Thessalie s'appelait Éolide, Hémonie, Pélasgie, d’après les différents peuples qui l’habitaient. L’immigration des Thes-saliens est postérieure à la guerre de Troie. Ils subjuguèrent les Ëoliens, les Magnètes, les Perrhèbes et les Achéens. et la Béotie actuellesLes Béotiens étaient une des peuplades éoliennes qui furent expulsées de Thessalie par l'iinmigration des Thessaliens. Les anciens habitants de la Béotie étaient les Cadméens, du nom desquels le pays, ou du moins sa partie centrale, s’appelait Cadméide. Chassés par les Béotiens soixante ans après la prise de Troie, ces peuples allèrent en Asie Mineure fonder les colonies qui, de leur nom, furent appelés éoliennes. Ils y furent conduits par Penthilos, fils d’Oreste. , la majeure partie du Péloponèse, à la réserve de l’ArcadieLes Arcadiens se vantaient d’ètre autochthones, et d’avoir fondé leur ville de Lycosoura antérieurement à l’existence de la lune. L’âpreté de leurs montagnes les préserva de l’invasion dorienne. , et en général les cantons les plus fertiles. C’est que la richesse du sol, en accroissant les forces de quelques individus, donnait naissance à des dissensions qui ruinaient le pays, plus exposé d’ailleurs à la convoitise des étrangers. Voilà pourquoi l’Attique, préservée des factions par son infertilité, a toujours eu les mêmes habitants depuis l’antiquité la plus reculée. Et ce qui prouve combien j’ai raison de dire que les migrations continuelles empêchèrent les autres contrées de prendre un semblable développement, c’est que, dans tout le reste de la Grèce, les plus puissants de ceux que chassaient les guerres ou les séditipns se retirèrent à Athènes, comme en un asile assuréPar exemple la famille des Néléides, venue avec Mélanthos, père de Codros, lequel, chassé de Pylos par les Héraclides, se retira en Attique, et devint roi d’Athènes. . Devenus citoyens, ils augmentèrent, à d’anciennes époques, la population de cette ville, au point que dans la suite elle fat en état d’envoyer des colonies en Ionie, l'Attique ne pouvant plus suffire à ses habitantsLes Ioniens, partis d’Athènes sous la conduite de Néléus et d’autres fils.de Codros (1044 av, J. C.), fondèrent douze villes en Asie Mineure, dix sur le continent, savoir: Phocée, Clazomènes, Erythres, Téos, Priène, Colophon, Lébédos, Myonte, Éphèse et Milet; deux dans les îles voisines, savoir : Chios et Samos. Les Ioniens d’Asie étaient originairement unis par une confédération, dont le centre était le temple de Neptune Héliconien, sur le promontoire de Mycale, où se célébraient les fêtes appelées Panionia. .

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