Book 1
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La même mode s’est perpétuée longtemps aussi chez les vieillards ioniens, ce qui s’explique par la communauté d’origine. Les Lacédémoniens adoptèrent les premiers les vètements simples dont l’usage a prévalu aujourd’huiOd. Muller réfute d’une manière assez plausible l’opinion de Thucydide : « Thucydide prétend que les Dorions ont les premiers « adopté des vêtements pins simples ; mais ce système ne repose « que sur une opinion propre à cet écrivain, à savoir que les « vêtements les plus anciens des Grecs étaient de lin, amples et « artistement drapés, tels que les portaient encore au temps « d’Aristophane les hommes fidèles aux anciens usages. Nous « savons, au contraire, avec assez de certitude, que cette mode « avait été empruntée par les Athéniens aux Ioniens asiatiques, et « qu’on l’abandonna à l’époque de la guerre du Péloponnèse « pour revenir aux vêtements légers et étroits, etc. Cependant « Thucydide est dans le vrai lorsqu’il affirme que les Lacédé- « moniens se distinguèrent entre tous les Grecs par la simplicité « et le peu d’ampleur de leurs vêtements.·» Il est peu probable, en effet, qu’à une époque où les Athéniens vivaient dispersés dans des bourgades isolées, et livrés aux travaux des champs, ils eussent déjà adopté un costume qui suppose tout à la fois beaucoup de loisir et des richesses que le commerce seul pouvait procurer. ; et, non moins modestes dans toutes les autres habitudes de la vie, les plus riches d’entre eux n’eurent rien qui les distinguàt de la multitude ; ils furent aussi les premiers à se montrer nus en public et à dépouiller leurs vêtements pour se frotter de graisse dans les exercicesDenys d’Hal. rapporte, au livre vii, que le premier qui ait disputé nu le prix de la course est le Lacédémonien Acanthus (quinzième olympiade). Cet usage se généralisa rapidement. Du temps de Platon, il était universellement adopté et ne choquait plus personne ; car Platon dit (Républ. v) : « Il n’y a pas long- « temps encore que la vue d’un homme nu en public eût paru « aux Grecs chose honteuse et ridicule. ». Anciennement les lutteurs dans les jeux, même à Olympie, se couvraient d’une ceinture les parties honteuses, et il n’y a pas un grand nombre d’années que cet usage a cessé. Aujourd’hui encore, chez quelques peuples barbares, et en particulier chez les Asiatiques, on dispute des prix à la lutte et au pugilat, et les combattants y paraissent couverts d’une ceinture. On pourrait montrer par beaucoup d’autres exemples que les anciennes moeurs de la Grèce avaient une grande analogie avec les moeurs actuelles des barbares.