Book 1
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« Celle qui fait l’objet de votre délibération ne vous paraîtra pas sans importance, pour peu que vous y réfléchissiez. Aux Péloponésiens, aux peuples de notre voisinage, nous pouvons opposer une force égale, et ils sont à portée de nos coups ; mais comment entreprendre légèrement une lutte contre des hommes qui habitent une terre éloignée, qui ont une grande expérience de la mer, qui sont abondamment pourvus de toutes choses, richesses privées et publiques, vaisseaux, chevaux, armes, population plus nombreuse qu’en aucune autre contrée de la Grèce, et qui de plus Ont une foule d’alliés tributaires? Et sur quoi compterions-nous, pour nous hâter avant d’être suffisamment préparés? Sur notre marine? Mais à cet égard nous leur sommes inférieurs ; et, si nous voulons nous exercer et nous mettre en état de leur tenir tête, il faudra du temps. Sur nos finances? Encore moins; car nous n’avons pas de trésor public, et nous sommes peu disposés à contribuer de nos deniers.
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« Peut-être se repose-t-on sur notre supériorité militaire et numérique, et pense-t-on qu’il nous serait facile de ravager leur territoire par des invasions réitérées. Mais les Athéniens possèdent beaucoup d’autres pays soumis à leur domination, et ils se procureront par mer ce qui leur manque. Si nous essayons d’insurger leurs alliés, il faudra des flottes pour les soutenir; car ils sont la plupart insulaires. Quelle espèce de guerre ferons-nous donc? A moins d’être les plus forts sur mer ou de leur enlever les revenus qui alimentent leur marine, nous recevrons plus de mal que nous n’en ferons. Π ne sera plus possible de quitter les armes avec honneur, surtout après avoir été leà premiers à les prendre.