Book 2
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XCIV. Cependant les feux qui annoncent l’ennemi avaient été élevés, pour faire connaître à Athènes son arrivée. Jamais dans cette guerre on n'éprouva consternation plus grande : dans la ville on pensait que les ennemis avaient déjà abordé au Pirée ; au Pirée on croyait que, maitres de Salamine, ils allaient arriver d’un moment à l’autre. C’était d’ailleurs chose facile ; et si la crainte ne les eùt retenus, le vent n’aurait pu Le fort de Boudoron. les en empêcher. Au point du jour, les Athéniens se portèrent en masse au secours du Pirée, mirent à flot les vaisseaux, les montèrent tumultuairement, et cinglèrent vers Salamine , en laissant à l’infanterie la garde du Pirée. Dès que les Péloponnésiens s’aperçu- rent qu’il arrivait du secours, ils se hâtèrent de regagner Nisée, après avoir ravagé la plus grande partie de l’ile, ils emmenaient avec eux des prisonniers, du butin et les trois vaisseaux stationnés au fort Boudoron. D’ailleurs, ils n’étaient pas sans crainte sur leurs propres vaisseaux, qui étaient restés longtemps à sec et faisaient eau de toutes parts. Arrivés à Mégare, ils reprirent à pied le chemin de Corinthe. Les Athéniens, ne les ayant pas rencontrés à Salamine, revinrent de leur côté ; à partir de ce moment ils gardèrent mieux le Pirée, fermèrent, les ports et prirent toutes les précautions nécessaires.