Book 2
29
Ce fut encore dans ce même été que les Athéniens nommèrent proxène Les proxènes ou hôtes publics, qu’on a quelquefois assimilés à nos consuls de commerce, étaient des agents que les différents États grecs désignaient dans les villes étrangères avec lesquelles ils entretenaient des relations. Les fonctions des proxènes consistaient essentiellement à recevoir et à héberger les ambassadeurs de l'État dont ils exerçaient la proxénie, et à les introduire dans les assemblées publiques de la ville où ils résidaient; ce qui suppose qu’ils étaient citoyens de cette dernière. La proxénie était ordinairement héréditaire. Ainsi: la famille d’Alcibiade exerça longtemps à Athènes la proxénie des Lacédémoniens. Voy. VI, lxxxix. et appelèrent chez eux l’Abdéritain Nym-phodoros fils de Pythès, dont Sitalcès avait épousé la sœur, et qui jouissait d'un grand crédit auprès de ce monarque. Ils l’avaient jusque-là regardé comme leur ennemi; mais ils cédèrent au désir de gagner l’amitié de Sitalcès, fils de Térès et roi des Thraces. Ce Térès, père de Sitalcès, fut le fondateur de l’empire des Odryses, dont il étendit la domination sur la majeure partie de la Thrace, quoiqu’un grand nombre de Thraces soient encore indépendants. Ce même Térès n’a rien de commun avec Téréus, mari de Procné, fille de Pandion roi d’Athènes. Ils n’étaient point de la même Thrace. Téréus habitait à Daulis, dans le pays aujourd’hui appelé Phocide et peuplé jadis par des Thraces. C’est là que les femmes commirent leur attentat contre Itys Itys, fils de Téréus et de Procné, fut tué par sa mère, qui fit cuire son corps et le donna à manger à Téréus, pour se venger de l’infidélité de celui-ci. ; d’oii vient que plusieurs poètes, en parlant du rossignol, l’ont nommé l’oiseau de Daulis Nous n’avons à ce sujet aucune citation d’auteur grec; mais cette location se trouve dans Ovide (Uéroïdes, XV, 144, ad Liv. 106) et dans Catulle (lxv, 14), qui l’avaient sans doute empruntée aux Grecs. . D’ailleurs il est vraisemblable que Pandion chercha un gendre qui, voisin de lui, pût donner ou recevoir promptement du secours, et ne s'adressa pas aux Odryses, séparés par bien des journées de chemin. Térès, dont le nom même diffère de Téréus, fut le premier roi puissant des Odryses. C’est avec son fils Sitalcès que les Athéniens firent alliance, afin qu’il les aidât à réduire Perdiccas et les villes du littoral de la Thrace. Nymphodoros vint à Athènes, traita pour Sitalcès et obtint le droit de cité en faveur de Sadocos, fils de ce prince. Il promit de faire cesser la guerre de Thrace et d'engager Sitalcès à envoyer aux Athéniens des cavaliers et des peltastes de ce pays. Il réconcilia aussi Perdiccas avec les Athéniens en les décidant à lui rendre Thermé. A l’instant Perdiccas marcha contre les Chalcidéens, de concert avec les Athéniens et avec Phormion. C’est ainsi que Sitalcès, fils de Térès et roi des Thraces, devint l'allié des Athéniens, de même que Perdiccas, fils d’Alexandre et roi de Macédoine.