Book 2
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Le même hiver, les Athéniens, conformément à la coutume du pays, célébrèrent aux frais de l’Etat les funérailles des premières victimes de cette guerre Ceurqui avaient péri dans les combats de l’été. Après une action, le premier soin des généraux était de relever leurs morts et de les brûler.. On recueillait les os de chaque tribu dans de» urnes distinctes, qui étaient rapportées A Athènes, en attendant les funérailles qui avaient lieu en hiver. . Voici en quoi consiste la cérémonie. On expose les ossements dés morts sous une tente (a) Voyez liv. IV, chap. lxvi. dressée trois jours d’avance, et chacun apporte ses offrandes à celui qu’il a perdu. Quand vient le moment du convoi, des chars amènent des cercueils de cyprès, un pour chaque tribu; les ossements y sont placés d'après la tribu dont les morts faisaient partie. Un lit vide, couvert de tentures, est porté en l’honneur des invisibles, c’est-à-dire de ceux dont les corps n’ont pu être retrouvés. Tout citoyen ou étranger est libre de se joindre au cortège. Les parentes viennent auprès du tombeau faire entendre leurs lamentations. Les cercueils sont déposés au monument public, dans le plus beau faubourg de la villeLe Céramique extérieur, à 1*0. d’Athènes, sur le chemin d’ÊIeu-sis. On y jouit d’une belle vue; il y avait des arbres et des ruisseaux. Ce faubourg était réservé pour les sépultures publiques; les tombeaux particuliers étaient sur les autres av.enues de la ville. . C’est toujours là qu’on enterre ceux qui ont perdu la vie dans les combats ; les guerriers de Marathon furent seuls exceptés : leur vaillance incomparable les fit juger dignes d’être inhumés dans le lieu même où ils avaient trouvé la mortLe sépulcre des morts de Marathon consistait en deux tertres ou tumuli, tels qu’en élevaient à leurs chefs les Grecs des âges héroïques. L’un de ces tertres était pour les Athéniens, l’autre pour les Platéens. Ces tumuli existent encore. Hérodote (IX, lxxxv) dit qu’on enterra pareiüement sur le champ de hataüle les Athéniens morts à la journée de Platée; maie peut-être ne veut-il parler que d’un cénotaphe. . Dès que les ossements ont été recouverts de terre, un orateur, choisi par la république parmi les hommes les plus habiles et les plus considérés, prononce un éloge digne de la circonstance ; après quoi l’on se sépare. Telle est la cérémonie des funérailles; l’usage en fut régulièrement observé dans tout le cours de la guerre, à mesure que l’occasion s’en présenta. Cette fois, ce fut Périclès fils de Xanthippos qui fut chargé de porter la parole. Quand le moment fut venu, il s’avança vers une estrade élevée, d’où sa voix pouvait s'entendre au loin, et il prononça le discours suivant :