Book 2
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Tant que durait la force de la maladie, le corps ne maigrissait pas, et c’était chose étonnante qu’il pût à ce point résister à la souffrance ·, aussi la plupart des malades, conservant encore quelque vigueur, ne suc- combaient que le septième ou le neuvième jour, dévorés par le feu intérieur. S’ils échappaient à ce terme, le mal descendait dans le ventre, et y produisait une violente ulcération, accompagnée d’une diarrhée continueMêmes caractères signalés par Larrey pour la peste d’Égypte., à la suite de laquelle beaucoup périssaient plus tard d’épuisement. Car la maladie, après avoir débuté à la partie supérieure et établi son siége dans la tête, se répandait de là dans tout le corps. Si quelqu’un devait échapper aux accidents les plus graves, on en avait l’indice par ce fait que le mal s’attaquait aux extermites. Il faisait alors irruption sur les parties naturellesLa peste de Venise, en 1576, présenta quelques accidents du même genre., sur les extrémités des mains et des pieds, et plusieurs n’échappèrent que par la perte de ces membres. Quelques-uns aussi perdirent la vue. D’autres, dans les premiers temps de leur convalescence, se trouvaient avoir tout oublié et ne reconnaissaient plus ni eux-mêmes, ni leurs amis.
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L. Aucune expression ne saurait donner une idée de ce mal ; sa violence, dans chacun des cas, était audessus de tout ce que comporte la nature humaine ; mais ce qui le distingue surtout des autres maladies propres à notre espèce, c’est que les oiseaux et les quadrupèdes qui se nourrissent de cadavres n’en approchaient pas alors, quoiqu’il y en eût un grand nombre sans sépulture, ou périssaient s’ils y avaient touché. Ce qui le prouve, c’est que les oiseaux de cette espèce disparurent complétement, et qu’on n’en voyait aucun ni autour des cadavres, ni ailleurs. Les chiens, par suite de leur familiarité avec l’homme, rendaient ce phénomène encore plus sensible.