Book 2
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« Ce respect universel que notre ville doit à son empire et dont vous êtes si glorieux, votre devoir est de le maintenir à tout prix, et de ne pas renoncer aux fatigues, à moins de renoncer aussi aux honneurs. Ne croyez pas que la question soit uniquement de savoir si nous conserverons ou non la liberté.. Il y a plus : il s’agit de la perte de votre prééminence ; il s’agit des dangers qu’ont attirés sur vous les haines encourues durant votre domination. Or il ne vous est plus possible d’abdiquer, lors même que, par crainte et par amour du repos, vous seriez aujourd’hui portés à cet acte d’héroïsme. Il en est de cette domination comme de la tyrannie, dont il est injuste de s’emparer et dangereux de se dessaisir. Ceux qui vous le conseillent, s’ils étaient écoutés, auraient bientôt conduit l’État à sa ruine, en supposant même qu’ils fussent capables de maintenir la liberté. Le repos n’est assuré qu’à la condition de s’allier à l’énergie : désastreux pour un État qui commande, il convient à un peuple sujet, auquel il garantit un paisible esclavage.
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« Gardez-vous donc de vous laisser séduire par de tels citoyens. Après vous être prononcés avec moi pour la guerre, ne soyez pas irrités contre moi, bien que les ennemis, envahissant votre territoire, vous aient fait subir les maux auxquels vous deviez vous attendre du moment où vous refusiez de vous courber devant eux. La seule chose qu’on ne pouvait prévoir et qui est venue déconcerter tous les calculs, c’est cette maladie, qui est pour beaucoup, je le sais, dans votre déchaînement contre moi. En cela vous n’êtes pas justes, à moins que vous ne vouliez m’attribuer aussi les succès imprévus que vous pourriez obtenir. Il faut supporter avec résignation les maux que les dieux nous envoient et avec courage ceux qui nous viennent des ennemis. Telle était jadis la maxime de notre république ; aujourd’hui ce doit être encore la vôtre.