Book 2
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Après cette protestation, Archidamos ût ses préparatifs d’attaqueOn a souvent cité le siège de Platée comme un échantillon de la poliorcétique des Grecs. C’est une erreur. Les Lacédémoniens étaient très-ignorants dans la tactique obsidionale. Ce siège, loin de faire règle, ne·doit être considéré, vu.sa bizarrerie et sa petitesse, que comme un trait tout à fait exceptionnel, destiné à faire sourirç de pitié tous les tacticiens d’Athènes. L’auteur pamt avoir voulu, par cette description, faire la contre-partie du siège4e Syracuse, que les Athéniens conduisent selon les principes. . Il commença par faire abattre les arbres et entourer la ville d’une palissade, afin de rendre impossibles les sorties. Ensuite il éleva contre la muraille une terrasse L’attaque des villes par le moyen de terrasses ou de plates-formes élevées en plan incliné jusqu’au niveau des murs de la place assiégée, était une tactique ancienne, que nous voyons employée parles Perses pour prendre les villes grecques d’Asie Mineure (Hérodote, I, clui). Cette méthode était depuis longtemps abandonnée pour la circonvallation, dont l’effet était beaucoup plus sûr. ; et, vu le grand nombre des bras, il comptait que la place serait bientôt prise. Des troncs d’arbres, coupés sur le Cithéron, furent placés en long et en travers sur les deux flancs de cet ouvrage, en guise de murs, pour prévenir les éboulements. L’intervalle fut rempli de bois, de pierres,·de terre, enfin de tout ce qui pouvait servir à le combler. Ce travail dura soixante-dix jours et autant de nuits sans interruption. Les travailleurs se relayaient à tour de rôle, les uns dormant ou prenant leurs repas, tandis que les autres apportaient des matériaux. Les chefs lacédémoniens, qui commandaient les troupes de chaque ville, pressaient l’ouvrage.