Book 2
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Les vaisseaux athéniens, rangés à la file, tournaient autour du cercle qu’ils rétrécissaient peu à peu, en rasant la flotte ennemie, et semblaient toujours au moment d’attaquer. Phormion avait défendu aux siens d’engager l’action avant qu’il eût donné le signal. Il prévoyait bien que la flotte des Péloponésiens ne garderait pas son ordre de bataille comme une armée de terre, mais que les vaisseaux de guerre seraient embarrassés par les petits bâtiments ; qu’enfin si le vent, qui d’ordinaire soufflait du golfe au lever de l’aurore, venait à s’élever, la confusion se mettrait dans la flotte ennemie. Ses vaisseaux étant plus légers, il se croyait maître de choisir le moment de l’attaque et pensait qu’il n’y en aurait point de plus favorable. Lors donc que la brise se fit sentir, que la flotte pélopo-nésienne, resserrée dans un étroit espace, fut troublée à la fois par le vent et par les bâtiments qui la gênaient ; lorsque les vaisseaux commencèrent à s’entre-choquer et que les équipages, mêlant des vociférations et des invectives à leurs manœuvres, se repoussèrent mutuellement à coups d’avirons ; lorsque, sourds aux commandements et à la voix des céleustes Les céleustes étaient des officiers inférieurs, espèce de contre-maîtres, qui, sur les vaisseaux, réglaient par un cri cadencé les mouvements des rameurs. , ces hommes sans expérience, incapables de manier leurs rames dans une mer houleuse, rendirent les bâtiments rebelles aux pilotes ; alors Phormion donne le signal. Les Athéniens commencent l’attaque et d’abord coulent bas un des vaisseaux commandants; ensuite ils vont brisant tous ceux qu’ils peuvent atteindre; si bien que les ennemis, sans faire résistance, s’enfuient en désordre à Patres et à Dymé en Achaïe. Les Athéniens les poursuivent, prennent douze vaisseaux, et, après en avoir enlevé la plus grande partie des équipages, font voile pour Molycrion.