Book 2
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Les Péloponnésiens et leurs alliés se formèrent en trois corps, et marchèrent vers Stratos, pour camper à la vue de la place et donner l’assaut, s’ils ne pouvaient l’amener à composition ; ils s’avançaient dans l’ordre suivant : les Chaoniens et les autres barbares occupaient le centre ; à droite étaient les Leucadiens, les Anactoriens et ceux qui marchaient ordinairement avec eux ; Cnémus occupait la gauche avec les Péloponnésiens et les Ambraciotes. Il y avait entre ces trois corps une grande distance, et quelquefois même ils se perdaient de vue. Les Grecs s’avançaient avec ordre, toujours en garde, jusqu’à ce qu’ils trouvassent un campement favorable ; mais les Chaoniens, pleins de confiance en eux-mêmes, et fiers de la haute réputation de valeur dont ils jouissaient sur cette partie du continent, dédaignèrent de s’arrêter à camper ; ils s'avancèrent précipitamment avec les autres barbares, espérant emporter la place d’emblée et en avoir toute la gloire. Les Stratiens, ayant su qu'ils continuaient à s’avancer, calculèrent que, s’ils pouvaient battre les barbares isolés, les Grecs ne marcheraient plus contre eux avec la même assurance. Ils disposèrent à l’avance des embuscades aux environs de la ville, et, quand ils les virent à portée, ils fondirent sur eux et de la place et des embuscades à la fois. Les Chaoniens, frappés de terreur, furent massacrés en grand nombre ; les autres barbares , les voyant céder, ne tinrent pas mieux, et se débandèrent. Dans les deux camps, les Grecs n’avaient eu aucune connaissance de ce combat ; car les barbares avaient une grande avance, et on avait supposé qu’ils ne prenaient les devants que pour choisir leur campement. Mais quand ils les virent se présenter et fuir en désordre, ils les recueillirent, réunirent les deux camps en un seul, et se tinrent en repos toute la journée. Les Stratiens n’en vinrent pas aux mains avec eux, parce qu'ils n’étaient pas encore renforcés par les autres Acarnanes ; mais ils les attaquèrent de loin , à coups de fronde, et les tinrent continuellement en échec. Les Grecs ne pouvaient faire aucun mouvement sans être couverts de leurs armes car les Acarnanes passent pour d’excellents frondeurs.