Book 3
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« La république n’a rien à gagner à ces manoeuvres ; car la crainte éloigne d’elle les conseillers honnêtes. Tout n’en irait que mieux si de telles gens ne savaient manier la parole ; car ils entraîneraient l’état à bien moins de fautes. Un bon citoyen doit, au lieu d’effrayer son adversaire, combattre loyalement, à armes égales, et ne se montrer supérieur à lui que par l’éloquence. Dans une sage république, sans combler de nouveaux honneurs celui qui donne le plus de conseils utiles, on doit du moins ne rien retrancher de ceux dont il jouit ; et, loin qu’aucune peine y soit infligée à l’orateur malheureux, sa considération même doit être à l’abri de toute atteinte. De cette manière, celui qui a déjà réussi ne parlera pas contre son sentiment et ne flattera pas le peuple en vue de nouveaux succès ; celui qui a échoué ne songera pas non plus à recourir aux mêmes moyens de flatterie pour se concilier la multitude.