Book 3
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LXIV. « Vous avez prouvé clairement que, si vous seuls ne vous êtes pas ralliés au parti des Mèdes, ce n’était point dans l’intérêt des Grecs, mais parce que les Athéniens ne s’y étaient pas rangés. Vous avez voulu les imiter et faire le contraire des autres. Et vous prétendez ici tirer avantage du bien que vous avez fait pour leur complaire ! Cela n’est pas juste : puisque vous avez préféré les Athéniens, partagez avec eux les chances de la guerre, et ne mettez pas en avant l’alliance d’autrefois, comme si elle devait vous sauver aujourd’hui. Vous y avez renoncé ; en la violant vous avez concouru à l’asservissement des Éginètes et de quelques-uns de ceux qui l’avaient jurée avec vous, bien loin de vous opposer à ces violences ; et cela volontairement, sous l’empire des lois qui. vous régissent encore aujourd’hui, sans y être, comme nous, forcés par personne. La dernière invitation que nous vous avons faite, avant le siège, de rester en paix et de garder la neutralité, vous l’avez rejetée. Qui donc, plus que vous, doit être odieux à tous les Grecs ? vous qui ne faites parade d’honnêteté que pour leur nuire ! Le bien que vous prétendez avoir fait autrefois, vous venez de montrer qu’il ne vous appartenait pas ; vous avez dévoilé jusqu’à l’évidence l’invariable penchant de votre nature ; car vous avez suivi les Athéniens dans la voie de l’injustice. Ceci soit dit pour prouver que notre alliance avec les Mèdes fut forcée, et la vôtre avec les Athéniens toute volontaire.