Book 3
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LXXXII. En effet, la Grèce tout entière, pour ainsi dire, fut, dans la suite, ébranlée par les séditions : la division était partout ; les chefs du parti populaire appelaient les Athéniens, et la faction oligarchique les LacédémoniensAristote observe également (Polit. v, 7) que partout les Athéniens détruisaient l’oligarchie, et les Lacédémoniens le gouvernement populaire.. En temps de paix on n’aurait eu aucun prétexte pour réclamer leur secours, et on n’était pas en mesure de le faire ; mais une fois en guerre, lorsque chacun des deux partis cherchait des alliances, en vue de nuire au parti contraire et d’augmenter en même temps sa propre puissance, ces appels devenaient faciles à ceux qui méditaient quelque révolution. De nombreuses calamités fondirent sur les villes en proie aux séditions. Au reste, ces mêmes calamités se renouvelleront toujours, tant que la nature humaine sera la même, mais plus ou moins terribles, et diffé- rentes par leurs caractères suivant la diversité des circonstances au milieu desquelles elles se produiront. En temps de paix et au sein de la prospérité, les États et les particuliers ont un meilleur esprit, parce qu’ils ne sont point jetés, contre leur gré, dans de dures nécessités ; mais la guerre, en supprimant les facilités journalières de la vie, enseigne la violence et assimile les passions de la multitude à l’âpreté des temps.