Book 3
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LXXXIII. C’est ainsi que, grâce aux séditions, la Grèce vit se produire tous les genres d’iniquités : la simplicité confiante, partage ordinaire des âmes élevées, devint un objet de risée, et disparut. Partout prévalurent les dissensions mutuelles et les habitudes de suspicion. Il n’y avait pour faire cesser ces défiances ni parole assez sûre, ni serments assez redoutables : chacun, dominé par la pensée qu’on ne pouvait compter sur rien de stable, ne songeait qu’à se garantir contre la violence, sans pouvoir se fier à personne. L’avantage était ordinairement aux intelligences les plus vulgaires ; car le sentiment de leur propre insuffisance et de l’habileté de leurs adversaires leur faisant craindre de n’avoir pas l’avantage de la parole, et d’être devancés par les intrigues de rivaux plus adroits et plus féconds en ressources, ils allaient audacieusement au fait. Les autres, au contraire, dédaignaient des adversaires dont ils se croyaient toujours assurés de pressentir les desseins, et ne croyaient pas nécessaire de recourir aux actes pour atteindre un résultat qu’ils pouvaient obtenir par la supériorité de l’intelligence ; ils ne pre- naient dès lors aucune précaution ; aussi succombaientils le plus souvent.