Book 4
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CXXX. Le jour suivant, les Athéniens, tournant la côte, abordèrent à la plage qui regarde Scione, prirent le faubourg, et tout le jour ravagèrent le pays, sans que personne sortît contre eux ; car il y avait quelque sédition dans la ville. Les trois cents Scioniens rentrèrent chez eux la nuit suivante. Le lendemain, Nicias avec la moitié de l’armée s’avança vers la frontière des Scioniens et ravagea le pays. En même temps, Nicostratus, avec le reste des troupes, s’établit devant Mende, du côté de la porte supérieure qui mène à Potidée. Les Mendéens et leurs auxiliaires étaient postés du même côté, en dedans du mur. Polydamidas venait de les ranger en bataille et les exhortait à faire une sortie, lorsqu’un homme de la faction populaire le contredit, dans une intention séditieuse, déclarant qu’il ne sortirait pas et qu’il ne fallait pas combattre. Polydamidas, irrité de cette opposition, porta vivement la main sur lui, le tira et le secoua avec violence : aussitôt le peuple exaspéré prit les armes, courut sur les Péloponnésiens et sur ceux qui s’étaient ligués avec eux contre lui, se précipita sur eux et les mit en fuite. Les Péloponné- siens, surpris de cette soudaine attaque, voyant d’ailleurs les portes s’ouvrir aux Athéniens, furent saisis d’épouvante ; car ils crurent que ce coup de main avait été prémédité avec les ennemis. Ceux qui ne furent pas tués sur place se réfugièrent à la citadelle qui était en leur pouvoir. L’armée athénienne tout entière se précipita sur Mende (car Nicias, de retour de son excursion, était aussi sous les murs) ; et comme les portes n’en avaient pas été ouvertes par capitulation, elle fut mise au pillage, comme une ville prise d’assaut. Les généraux curent même grand’peine à empêcher le massacre des habitants. Ils ordonnèrent ensuite aux Mendéens de se gouverner suivant leurs lois, et de juger euxmêmes ceux qu’ils regarderaient comme les auteurs de la défection. Ils investirent des deux côtés ceux qui étaient dans la citadelle au moyen d’une muraille prolongée jusqu’à la mer, et y mirent des gardes. Mende soumise, ils marchèrent contre Scione.