Book 4
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Cependant en Sicile les Syracusains et leurs alliés, après avoir renforcé de tous les vaisseaux qu'ils avaient équipés la flotte qui gardait Messine, .continuaient la guerre en partant de cette ville. Les Locriens les y excitaient par animosité contre Rhégion; eux-mêmes étaient entrés en corps de nation sur son territoire. Les Syracusains étaient résolus à tenter un combat naval. Ils voyaient que les Athéniens n’avaient en ce moment que peu de vaisseaux dans ces parages, et ils savaient que le gros de la flotte destinée à agir contre eux La flotte d’Eurymédon. Voyez liv. III, ch. cxv, et liv. IV, ch. ii. se trouvait occupé à Sphactérie. Une fois que leur marine aurait pris le dessus, ils comptaient s’emparer aisément de Rhégion en l’attaquant par mer et par terre, et affermir ainsi leur domination. Le promontoire de Rhégion en Italie étant voisin de Messine en Sicile, les Athéniens ne pourraient plus stationner en ce lieu ni commmander le détroit. Ce détroit est formé par le bras de mer qui sépare Rhégion et Messine, au point où en Sicile se rapproche le plus du continent, c’est la fameuse Uharybde, qui fut traversée, dit-on, par UlysseHomère, Odyssée, XII, 235. La légende du cap monstre (*ε- λώρον) fut probablement accréditée par les premiers navigateurs grecs qui exploitèrent la mer Tyrrbénienne et qui voulurent écarter la concurrence eommerciale en exagérant les dangers de cette navigation. . Le peu de largeur du passage fait que les eaux venant de deux grandes mers, celle de Tyrrhénie et celle de Sicile, s’y engouffrent avec violence et produisent des courants réputés à bon droit dangereux.