Book 4
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XCIV. Du côté des Athéniens, les hoplites, égaux en nombre à ceux de l’ennemi, furent tous rangés sur huit de profondeur. La cavalerie occupait les ailes. Quant aux troupes légères, il ne s’en trouvait pas alors à l’armée d’équipées pour ce service spécial, il n’y en avait même pas à Athènes. Il eu était bien parti d’Athènes avec l’armée, et même en nombre supérieur à celles de l’ennemi ; mais, comme on avait fait une levée en masse des étrangers présents el des citoyens, beaucoup avaient suivi l’expédition sans armes ; ils s’étaient empressés de retourner à la ville, et il n’en était resté à l’armée qu’un très petit nombre. Déjà on était en ordre de combat, et l’action allait s’engager, lorsqu’Hippocrate, parcourant le front de bataille pour encourager ses soldats, leur parla en ses termes :
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XCV. « Athéniens, je ne puis vous dire que peu de mots ; mais avec des hommes de coeur l’effet sera le même. C’est moins une exhortation qu’un appel à vos souvenirs. Que personne de vous ne s’imagine qu’il ne convient pas de s’exposer à un pareil péril sur une terre étrangère : même sur leur territoire, c’est pour le nôtre que nous combattrons ; et, si nous triomphons, jamais les Péloponnésiens, privés de la cavalerie béotienne, n’envahiront notre pays. Un seul combat vous suffira pour conquérir la Béotie et affermir l’indépendance de votre patrie. Marchez donc contre eux ; montrez-vous dignes de cette ville, la première de la Grèce, que chacun de vous est fier d’avoir pour patrie ; dignes de vos pères qui jadis, sous Myronidès, ont vaincu ces mêmes ennemis à oenophytes et soumis la Béotie. »