Book 4
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XCVI. Hippocrates, en faisant cette exhortation, avait parcouru la moitié de la ligne ; il n’eut pas le temps d’aller plus loin. Pagondas, après avoir, lui aussi, adressé une rapide allocution à ses soldats, fit entonner le Péan : les Béotiens descendirent de la colline ; les Athé- niens, de leur côté, se portèrent en avant, et on s’aborda en courant. De part et d’autre les troupes placées aux extrémités de la ligne ne purent en venir aux mains, arrêtées par le même obstacle (elles avaient rencontré des torrents) ; mais le reste combattit corps à corps, bouclier contre bouclier. Les Athéniens mirent en déroute l’aile gauche des Béotiens jusqu’au centre ; de ce côté, ils poussèrent vivement tout ce qu’ils avaient devant eux et en particulier les Thespiens ; les troupes qui leur étaient opposées lâchèrent pied et furent enveloppées dans un espace étroit ; aussi ceux des Thespiens qui périrent alors succombèrent-ils dans une lutte corps à corps. Quelques-uns même des Athéniens perdirent leurs rangs en cernant l’ennemi, et se tuèrent entre eux sans se reconnaître. De ce côté donc, les Béotiens furent vaincus et se replièrent en fuyant vers l’aile droite où le combat continuait. Sur ce point, au contraire, les Thébains étaient vainqueurs des Athéniens. Ils les firent reculer peu à peu, et les suivirent d’abord pas à pas. A ce moment Pagondas détacha deux corps de cavalerie, et leur fit tourner la colline sans être aperçus, pour aller soutenir l’aile gauche qui était en souffrance. A cette subite apparition, l’aile athénienne, victorieuse jusque-là, crut qu’une nou- velle armée s’avançait, et fut frappée de terreur. Pressés d’un côté par cette cavalerie, de l’autre par les Thébains qui avançaient toujours et étaient parvenus à les rompre, les Athéniens prirent la fuite sur toute la ligne. Les uns se précipitèrent vers Délium et du côté de la mer, d’autres vers Oropus, d’autres vers le mont Parnès ; chacun s’enfuit là où il espérait trouver quelque chance de salut. Les Béotiens s’attachèrent à leur poursuite ; la cavalerie surtout et les Locriens arrivés au moment de la déroute en firent un grand carnage. Cependant la nuit survint au milieu de ce désastre et facilita la fuite du plus grand nombre. Le lendemain, ceux qui s’étaient réfugiés à Oropus et à Délium laissèrent une garnison dans cette place qu’ils occupaient encore, et se retirèrent chez eux par mer.