Book 5
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Après la défaite des Athéniens à Amphipolis , après la mort de Gléon et deBrasidas, les deux plus fougueux partisans de la guerre, — l’un, parce qu’il lui devait ses triomphes et sa gloire, l’autre, parce qu’il sentait qu’en temps calme, ses prévarications seraient plus flagrantes et ses calomnies moins écoutées,—les hommes qui, dans les deux villes, aspiraient à jouer le premier rôle, savoir Plistoanax, fils de Pausanias, roi des Lacédémoniens, et Nicias, fils de Nicératos, le plus heureux des généraux de cette époque, élevèrent la voix en faveur de la paix. Nicias voulait, pendant que sa renommée était encore intacte, mettre son bonheur à couvert, procurer quelque repos à sa patrie et à lui-même, enfin, s’assurer la réputation de n’avoir entraîné l’État dans aucun malheur. Pour cet effet, il avait besoin d'écarter les dangers et de s'exposer le moius possible; la paix lui était donc indispensable. Quant à Plistoanax, il était en butte aux attaques de ses ennemis, qui ne cessaient d’attribuer à l’illégalité de son retour tous les revers de Lacédémone. Ils l’accusaient d’avoir, conjointement avec son frère Aristoclès, suborné la Pythie, pour qu’elle répondît aux Lacédémoniens chargés de consulter l’oracle de Delphes, qu’ils eussent à rappeler delà terre étrangère dans sa patrie la race du demi-dieu, fils de JupiterHercule, ancêtre des rois de Lacédémone. , sous peine de labourer avec un soc d’argentLeur donnant à entendre que leur sol serait frappé de stérilité, et qu’ils ne se procureraient des vivres qu’à un prix exorbitant. . Ce Plistoanax avait été exilé dan£ le temps comme suspect d’avoir reçu des présents pour évacuer l’Âtti· que. Il s’était réfugié sur le mont Lycée, où, par crainte des Lacédémoniens, il habitait une maison à moitié attenante an temple de JupiterAfin d’y être à l’abri comme dans un asile, sans toutefois se priver de l’usage d’une habitation profane. Il y avait sur le mont Lycée, en Arcadie, un célèbre temple de Jupiter Lycéen (Pausanias, liv. VIII, ch. xxxviii). . Au bout de dix-neuf ans, conformément à l’oracle, il fut enfin rappelé par les Lacédémoniens, qui fêtèrent son retour par les mêmes chœurs et les mêmes sacrifices que lors de la fondation de Lacédémone et de l’installation de leurs premiers rois. Fatigué de ces clameurs, et persuadé que le rétablissement de la paix et la délivrance des prisonniers ôteraient à ses ennemis toute prise contre lui, au lieu qu’en temps de guerre la mauvaise fortune est invariablement imputée aux chefs, Plistoanax travaillait de tout son pouvoir à une solution pacifiqqe.