Book 5
16
XVI. Après la défaite des Athéniens à Amphipolis, la mort de Cléon et de Brasidas changea la face des choses : c’étaient les adversaires les plus déclarés de la paix dans les deux États, l’un à cause de ses succès militaires et de la gloire qu’ils lui valaient, l’autre parce qu’il sentait qu’en temps de paix ses crimes seraient plus en vue, ses calomnies moins facilement acceptéesOu trouve la même pensée dans Plutarque, Niciâs, ch. 9.. i Ce territoire était en litige entre Lacédémone et Argos. Voyez livre v, ch. 41. 2 Voyez ch. 29. 3 Ou trouve la même pensée dans Plutarque, Niciâs, ch. 9. Après eux, les hommes qui avaient les prétentions les mieux fondées à la direction des affaires dans les deux États, Plistoanax, fils de Pausanias, roi des Lacédémoniens, et Nicias, fils de Niceratos, le général le plus heureux du temps, inclinaient fortement à la paix : Nicias voulait, tandis que la fortune ne l’avait point encore trahi, au milieu de sa gloire, mettre en sûreté son bonheur, goûter dans le présent le repos après ses fatigues, en faire jouir ses concitoyens, et laisser à l’avenir la réputation de n’avoir jamais trompé les espérances de son pays : le moyen d’arriver à ce but était, il le sentait bien, de ne rien risquer, d’abandonner le moins possible au hasard; et la paix seule permet de ne rien risquer. Plistoanax était en butte aux attaques de ses ennemis à propos de son rappel : ils ne cessaient, à l’occasion de chaque revers, de réveiller les scrupules des Lacédémoniens, en disant que c’était là le résultat de son retour illégal. Ils l’accusaient d’avoir, de concert avec son frère Aristoclès, engagé la prêtresse de Delphes à répondre aux théoresLes théores étaient les députés envoyés par les villes, soit pour consulter les oracles, soit pour accomplir les sacrifices dans les temples publics; il y avait à Sparte quatre théores entretenus aux frais du public. lacédémoniens qui venaient souvent consulter l’oracle, « qu’ils eussent à ramener chez eux de la terre étrangère la race du demidieu fils de JupiterHercule.; qu’autrementils laboureraient avec un soc d’argentC'est-à-dire qu’il y aurait une famine, et qu’on ne se procurerait des vivres que difficilement et à prix d’argent.; » d’avoir ensuite, — dans le temps même où il vivait réfugié au mont Lycie, sur le soupçon d’avoir évacué l’Attique à prix d’argent, et où la crainte 1 Les théores étaient les députés envoyés par les villes, soit pour consulter les oracles, soit pour accomplir les sacrifices dans les temples publics; il y avait à Sparte quatre théores entretenus aux frais du public. » Hercule. 3 C'est-à-dire qu’il y aurait une famine, et qu’on ne se procurerait des vivres que difficilement et à prix d’argent. des Lacédémoniens le forçait à habiter une maison située mi-partie sur l’enceinte de JupiterAfin d’être protégé par la sainteté du lieu, en se réfugiant dans la partie située sur l’enceinte sacrée., — fait conseiller par cette même prêtresse de le rappeler, après dix-neuf ans, avec les mêmes sacrifices, les mêmes choeurs, qui avaient été établis autrefois pour l’inauguration des roisProclès et Eurystène., lors de la fondation de Lacédémone.