Book 6
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« Il nous faut donc partir avec un armement complet. N’oublions pas que notas allons porter la guerre dans une contrée lointaine; qu’il ne s’agit pas ici d’une de ces expéditions entreprises par nous en qualité d'alliés, chez nos sujets, dans une terre amie, d’où il est aisé de se procurer tout ce dont on a besoin. Vous allez opérer à une distance énorme, dans un pays tout à fait étranger, d’où, pendant les quatre mois d’hiver, il n’est pas facile de recevoir un simple message.
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« J’estime donc que nous devons emmener un très-grand nombre d’boplites, levés chez nous, chez nos alliés, chez nos sujets, même dans le Péloponèse, si nous pouvons en attirer par la persuasion ou par l’appât du gain. Il faut aussi beaucoup d’archers et de frondeurs, pour les opposer à la cavalerie ennemie: Il faut une flotte formidable pour assurer nos communications. Il faut des transports .pour embarquer des provisions de bouche, du froment, de l’orge torréfiée, avec des meuniers mis en réquisition moyennant salaire et tirés proportfonnellement des moulins, afin que l’armée, forcée de relâcher, ne manque pas de subsistances ; car nombreuse comme elle sera, toutes les villes ne pourront pas la recevoir. En un mot, il nous faut faire tous les préparatifs imaginables, pour ne pas être à la merci des étrangers ; surtout emporter d’ici beaucoup d'argent; car pour celui qu'on assure être prêt à Égeste, dites-vous bien qu’il ne l’est qu’en paroles.
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« Et quand nous partirions avec des forces non-seulement capables de tenir tête à celles des ennemis, mais encore supérieures à tous égards, je ne sais si nous serions en état de vaincre et de nous maintenir. Nous devons nous considérer comme des genê qui vont fonder une colonie au sein de populations étrangères et hostiles ; obligés par conséquent de s’emparer du sol dès le premier jour de leur arrivée, sous peine de voir, au moindre revers, tout le monde se tourner oantre eux.