Book 6
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« On· m’objectera que la démocratie est contraire à la raison et à la justice, et que les riches ont seuls qualité pour bien gouverner. Moi je soutiens, en premier lieu, que le peuple c'est l’État tout entier, tandis que l’aristocratie n’en est qu’une fraction ; qu’ensuite, si les riches sont les meilleurs gardiens des richesses, les hommes d’intelligence sont les meilleurs conseillers, et la multitude le meilleur juge des questions qui lui sont soumises; qu’enfîn dans la démocratie ces différentes classes, séparées ou confondues, jouissent des mêmes droits. L’aristocratie au contraire fait participer la multitude aux dangers ; mais pour les avantages, non contente de s’en réserver la meilleure part, elle s’en arroge la totalité, qu’elle confisque à son bénéfice. Et voilà le régime auquel aspirent parmi vous les hommes influents et la jeunesse, régime incompatible avec l’existence d’une grande cité.
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« Ce serait, je vous le répète, le comble de la folie. Il faudrait que vous fussiez ou les plus aveugles des Grecs à moi connus, pour ne pas sentir l’iniquité de telles prétentions, ou les plus pervers si, la comprenant, vous persistiez dans votre audace.
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« Plus instruits ou mieux avisés, que l’intérêt commun devienne votre unique guide. Soyez sûrs que l’aristocratie y gagnera autant, si ce n’est plus, que la multitude, tandis qu’avec un esprit différent vous risquez de· tout compromettre.