Book 6
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LXX. On était aux prises, et depuis longtemps on tenait ferme de part et d’autre, lorsque survinrent quelques coups de tonnerre accompagnés d’éclairs et d’une pluie abondante. Ceux qui combattaient pour la première fois et n’avaient que peu d’habitude de la guerre n’en furent que plus disposés à la crainte; tandis que ceux qui avaient plus d'expérience ne voyaient là qu’un effet de la saison et s’inquiétaient bien autrement de la persistance de l’ennemi à disputer la victoire. Enfin les Argiens enfoncèrent l’aile gauche des Syracusains, et les Athéniens rompirent ensuite les troupes qui leur étaient opposées. Dès lors tout le reste de l’armée syracusaine se débanda et prit la fuite. Les Athéniens ne poussèrent pas loin l’ennemi, contenus qu’ils étaient par les cavaliers syracusains; car ceux-ci, forts de leur nombre et n’ayant pas été entamés, se jetaient sur ceux des hoplites qu’ils voyaient les plus ardents à la poursuite et les refoulaient. Après avoir suivi en colonne les fuyards aussi loin qu’ils le purent sans se risquer, les Athéniens firent retraite et élevèrent un trophée. Les Syracusains, réunis sur la voie Hélorine, s’y rallièrent autant que le permettait la circonstance, et envoyèrent, malgré leur échec, une garnison à Olympiéon, dans la crainte que les Athéniens n’enlevassent les trésors qui s’y trouvaient. Le reste rentra dans la ville.