Book 6
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« J’en dis autant à ceux qui pourraient me faire un crime de mon attachement au parti démocratique. De tout temps nous avons professé la haine des tyrans ; or tout ce qui est opposé à l’absolutisme s’appelle démocratie; d’où vient que nous avons toujours été à la tête de l’opinion populaire. D’ailleurs, sous un gouvernement démocratique, il faut bien, dans la plupart, des cas, se plier au régime établi. Cependant, au milieu de la licence régnante, je me suis toujours guidé par un esprit de modération. Il ne manque pas, il n’a jamais manqué, de gens enclins à pervertir la multitude; ce sont eux qui m’ont banni. Tant que j’ai dirigé l’État, j’ai eu pour principe de maintenir la constitution que j’avais trouvée en vigueur et à laquelle notre ville avait dû sa grandeur et sa liberté. Toutefois les hommes raisonnables savent bien ce que vaut la démocratie, et moi mieux que personne, car j’ai plus à m’en plaindre ; mais il n’y a rien de nouveau à dire sur l’extravagance reconnue de cette forme de gouvernement. En tout cas, il ne me semblait pas sage de le renverser, quand vous étiez en armes à nos portes.
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« Telle a été la source des préventions répandues contre moi. Maintenant il faut aborder la question qui vous est soumise, et sur laquelle mon expérience peut vous guider utilement.
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« Nous nous sommes rendus en Sicile pour subjuguer, s’il se pouvait, les Grecs de ce pays, ensuite ceux d’Italie, finalement les sujets des Carthaginois et Carthage elle-même. Si ce projet eût réussi en totalité ou en majeure partie, nous comptions dès lors nous rabattre sur le Péloponèse, avec l’adjonction de tous ces peuples, et en prenant à notre solde une foule de Barbares, Ibériens ou autres, réputés les plus belliqueux de ces contrées.