Book 6
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Qu’on ne s’imagine donc pas délibérer seulement sur la Sicile; le Péloponnèse aussi est en cause, si vous ne prenez en toute hâte les mesures suivantes; embarquez pour la Sicile une armée dont les soldats, rameurs pendant la traversée, seront aussitôt transformés en hoplites. Envoyez-y aussi, pour commander,— cela me semble bien plus utile qu’une armée, —un Spartiate qui discipline les troupes déjà formées, et force au service ceux qui s’y refusent. Par là vous donnerez plus de confiance aux amis que vous avez déjà, et ceux qui hésitent viendront plus hardiment à vous. En même temps il faut faire ici une guerre plus déclarée, afin que les Syracusains, sachant que vous vous intéressez à eux, fassent une plus vigoureuse résistance et que les Athéniens soient moins en état d’envoyer aux leurs d’autres secours. Il faut aussi fortifier DécélieDécélie était sur la route de Béotie à Athènes, à cent vingt stades de cette dernière ville. Sa position élevée et sa situation sur la route de Béotie'en faisaient un point militaire important. Les Lacédémoniens Suivirent plus tard le conseil d’Alcibiade (Thuc. vii, 19), fortifièrent Décélie, et par là fermèrent la voie de terre aux convois de l’Eubée. en Attique : c’est là l’éternelle appréhension des Athéniens; c’est, dans leur pensée, le seul des maux de la guerre qu’ils n’aient pas éprouvé. Or, le moyen le plus sûr de nuire à ses ennemis est, quand on a le secret de leurs craintes, de leur faire le mal qu’on sait qu’ils redoutent le plus; car il est naturel que chacun sache fort exactement ce qu’il a personnellement le plus à craindre. Quant aux avantages que vous retirerez de cette position fortifiée et à ceux dont vous priverez vos ennemis, j’en passe bon nombre sous silence, pour signaler rapidement les principaux : presque tout ce qui garnit le paysIl faut entendre par là les produits de la terre, les instruments aratoires, les bêtes et les esclaves. vous reviendra de gré ou de force; du même coup vous enlèverez aux Athéniens les revenus des mines d’argent de Lauriura et ceux qu’ils tirent maintenant des terresDu fermage des terres publiques. et des tribunauxIl est difficile de déterminer en quoi consistaient ces revenus des tribunaux et surtout comment la fortification de Décélie pouvait en tarir la source. Voici les suppositions auxquelles s’est livré à ce sujet ie scoliaste de Thucydide; « On s’est demandé comment la fortification de Décélie devait enlever aux Athéniens les revenus des tribunaux; ces revenus des tribunaux étaient le produit des accusations de vénalité, de sévices, de calomnie, d’adultère, de faux, de prévarication dans les ambassades, de désertion ... » Les Athéniens devaient être privés de ces revenus, si les ennemis, établis dans le pays, ne leur laissaient pas le loisir de se livrer aux procès; car la ville touchait le produit des amendes.; mais par- 1 Décélie était sur la route de Béotie à Athènes, à cent vingt stades de cette dernière ville. Sa position élevée et sa situation sur la route de Béotie'en faisaient un point militaire important. Les Lacédémoniens Suivirent plus tard le conseil d’Alcibiade (Thuc. vii, 19), fortifièrent Décélie, et par là fermèrent la voie de terre aux convois de l’Eubée. * Il faut entendre par là les produits de la terre, les instruments aratoires, les bêtes et les esclaves. 3 Du fermage des terres publiques. 4 Il est difficile de déterminer en quoi consistaient ces revenus des tribunaux et surtout comment la fortification de Décélie pouvait en tarir la source. Voici les suppositions auxquelles s’est livré à ce sujet ie scoliaste de Thucydide; « On s’est demandé comment la fortification de Décélie devait enlever aux Athéniens les revenus des tribunaux; ces revenus des tribunaux étaient le produit des accusations de vénalité, de sévices, de calomnie, d’adultère, de faux, de prévarication dans les ambassades, de désertion ... » Les Athéniens devaient être privés de ces revenus, si les ennemis, établis dans le pays, ne leur laissaient pas le loisir de se livrer aux procès; car la ville touchait le produit des amendes. dessus tout les tributs des alliés leur arriveront moins abondants, parce que ceux-ci se négligeront lorsqu’ils penseront que désormais vous poussez la guerre à outrance.