Book 7
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LXVI. « Syracusains et alliés, nous avons fait jusqu’ici de grandes choses, etce qui nous reste à faire dans le prochain combat ne sera pas moins grand : la plupart d’entre vous le comprennent, ce semble, à juger par l’ardeur que vous y avez apportée. Si cependant il était quelqu’un qui ne le vît pas suffisamment, voici qui Je convaincra : les Athéniens, en arrivant dans ce pays, voulaient asservir la Sicile d’abord, puis, en cas de succès, le Péloponnèse et la Grèce entière; leur puissance était la plus grande qui ait jamais été parmi les Grecs, et dans le passé et dans le présent; et c’est vous qui les premiers avez osé tenir tête à leur marine, instrument de toute leur puissance! Déjà vous les avez plusieurs fois vaincus sur mer, et vous allez vraisemblablement les vaincre encore. Car, quand on a échoué précisément sur le point où l’on croyait à sa supériorité, l’opinion qu’on avait de soi descend dès lors au-des- sous d'elle-même bien plus que si l’on n’avait pas eu cette présomption; autant on est resté en deçà de ses orgueilleuses espérances, autant on tombe par le découragement au-dessous de sa puissance réelle. Ce sentiment, les Athéniens doivent l’éprouver maintenant.