Book 7
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Pendant que sur mer on se disputait ainsi la victoire, les deux armées de terre, placées sur le rivage, étaient en proie aux plus cruelles perplexités. Pour les indigènes, il s’agissait de compléter leur triomphe ; pour les étrangers, d’échapper à un désastre. Les Athéniens, dont toute la fortune était sur leurs vaisseaux, éprouvaient de mortelles alarmes au sujet de l’avenir. Les sinuosités du rivage présentaient aux spectateurs le combat naval sous des aspects divers. Gomme la scène était très-rapprochée et ne pouvait s’embrasser d’uû coup d’œil, ceux qui apercevaient sur quelque point les leurs victorieux, reprenaient courage, invoquaient les dieux, et les suppliaient de ne pas leur envier leur salut; ceux, au contraire, qui voyaient le désavantage d’ujie partie de la flotte, éclataient en cris de désespoir; leur esprit était encore plus absorbé parce spectacle que celui des combattants eux-mêmes. D’autres enfin, tournés vers les endroits où l’avantage était balancé et la lutte incertaine, passaient par les émotions les plus pénibles ; dans leur effroi, les mouvements de leurs corps suivaient les oscillations de leurs pensées ; à chaque instant ils se croyaient ou sauvés ou perdus.