Book 7
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Tant que la bataille demeura indécise, ce ne fut, dans toute l’armée athénienne, que gémissements, cris de victoire ou de défaite, en un mot les diverses exclamations qu’arrache à une troupe nombreuse la présence d’un grand péril. Sur les vaisseaux, l’anxiété n’était pas moindre. Enfin, les Syracusains et leurs alliés, après une lutte désespérée, mirent en fuite les Athéniens, les poussèrent avec vigueur, et, s’exhortant à grands cris, les poursuivirent vers le rivage. Tout ce qui restait de la flotte athénienne, tout ce qpi n’avait pas été pris en mer, se jeta confusément à la plage, et chercha un abri vers le camp. Dès lors l’armée de terre ne fut plus partagée entre des sentiments divers; ce fut une explosion unanime de douleur, de lamentations et de sanglots. Les uns couraient au secours des vaisseaux; d’autres à la défense du reste des retranchements; d’autres, enfin — et c’était le plus grand nombre — ne songeaient déjà plus qu’à leur salut personnel. Jamais on ne vit consternation plus générale et plus profonde. La situation des Athéniens était exactement semblable à celle où ils avaiebtmis les Lacédémoniens à Pylos. Pour ceux-ci, la perte de leurs vaisseaux entraîna celle des soldats passés dans l’île ; de même alors les Athéniens n’avaient plus aucun espoir de se sauver par terre, à moins d’un événement impossible à prévoir.