Book 8
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Léon et Diomédon, avec la flotte athénienne de Lesbos, prirent, pour base de leurs opérations maritimes contre Chio, les îles OEnusses, en face de Chio, Sidusse et Ptéléos, places fortifiées qu’ils occupaient sur le territoire d’Érythres, et l’île de Lesbos. Ils avaient sur leur flotte des hoplites portés au rôle et obligés au service maritimeLes équipages et les soldats de marine étaient ordinairement pris parmi les thètes, formant la dernière classe du peuple. Le rôle de guerre pour l’armée régulière ne comprenait que les trois premières classes. Les citoyens qui y étaient portés fournissaient les hoplites et ne se prêtaient que difficilement à un autre service.. Ils descendirent à CardamylePromontoire de Chio, en face des CEnusses., battirent à Bolissos les troupes de Chio envoyées contre eux, en firent un grand carnage et ravagèrent cette partie de la contrée. Ils remportèrent une nouvelle victoire à PhanesAujourd’hui Phana ou Gapo Mastico., et une troisième à LeuconionAujourd'hui Lcuconia.. De ce moment les troupes de Chio n’osèrent plus sortir contre eux; ils dévastèrent tout le pays, qui était parfaitement cultivé et n’avait jamais souffert l’invasion depuis la guerre médique. En effet les habitants de Chio sont, à ma connaissance, le seul peuple, après les Lacédémoniens, qui aient uni la sagesse à la prospérité : plus leur ville croissait en importance, plus ils veillaient à y établir 1 Les équipages et les soldats de marine étaient ordinairement pris parmi les thètes, formant la dernière classe du peuple. Le rôle de guerre pour l’armée régulière ne comprenait que les trois premières classes. Les citoyens qui y étaient portés fournissaient les hoplites et ne se prêtaient que difficilement à un autre service. 2 Promontoire de Chio, en face des CEnusses. 3 Aujourd’hui Phana ou Gapo Mastico. 4 Aujourd'hui Lcuconia. l'ordre et la stabilité. Dans cette défection même, s’ils ne paraissent pas avoir pris le parti le plus prudent, du moins ne se risquèrent-ils à agir qu’après avoir associé à leurs périls des alliés nombreux et braves, et cela après le désastre de Sicile, lorsqu’ils savaient que les Athéniens eux-mêmes ne pouvaient plus contester l'ébranlement profond et l'état déplorable de leur puissance. S’ils sont tombés dans un de ces mécomptes dont offrent tant d’exemples les affaires humaines, ils se sont trompés avec beaucoup d’autres qui crurent également à la prochaine destruction de la domination athénienne.