Book front
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Marié à une femme thrace, de la ville de Scapté-Hylé, il jouissait d’une grande considération dans le pays lorsque le décret d’exil vint l’atteindre. Il est probable qu’il s’y établitMarcellinus, § 19. et y travailla, comme l’attestent Cicéron De orat., II, 3. et Plutarque De exilio., à réunir les éléments de son histoireUn scoliaste inconnu dit qu’il passa le temps de son exil dans le Péloponnèse ; une phrase du cinquième livre, ch. 26, parait justifier cette assertion.. Il paraît également constant qu’il revint à Athènes, après vingt ans d’absence, puisque dans le cinquième livre il parle au passé de cet exil de vingt ans. Pausanias dit expressément qu’il fut rappelé par un décret d’oenobiusLivre I, ch. 23, § 2, Cimon, 84.. II devait d’ailleurs ètre compris, soit dans le décret de Lysandre qui rappelait les exilés en 404, soit dans celui d’Euclide, qui proclamait l’oubli de toutes les fautes commises pendant la guerre. Mais à partir de ce moment on ne peut plus former que de vagues conjectures. Suivant PlutarquePour expliquer le passage où Thucydide dit qu’il avait écrit l’histoire de la guerre du Péloponnèse jusqu’à la vingt-septième année, on a supposé gratuitement que le travail avait été terminé, et qu’une partie du manuscrit a été perdu avant sa publication. M. Letronne, dans son excellente dissertation, fait remarquer avec raison que les mots : « J’ai écrit, » n’ont rien que de très naturel chez un auteur qui, ayant réuni tous les matériaux de son travail, annonce plutôt l’espérance d’arriver au but qu’un fait accompli. , il aurait été tué en Thrace ; suivant Pausanias, en revenant de son exil ; Marcellinus dit au contraire qu’il mourut après son retour. Cette dernière opinion, généralement adoptée dans l’antiquité, est en effet la plus vraisemblable : elle s’accorde d’ailleurs avec le témoignage de Cratippus et de Zopyre, contemporains de Thucydide, d’après lesquels il serait mort à Athènes. L’imperfection évidente du huitième livre, l’interruption brusque du récit à la vingt et unième année de la guerre , alors que Thucydide avait annoncé précédemment l’intention de pousser son travail jusqu’à la fin des hostilitésXénophon qu’on a regardé, à tort ou à raison, comme l’éditeur de Thucydide, n’en a connu que les huit livres que nous possédons ; car il commence ses helléniques précisément au point où s’arrête Thucydide. : tout prouve que la mort vint le surprendre peu de temps après son retour ; mais, même après les travaux remarquables de Dodwell et de M. Letronne, il est impossible de fixer avec précision la date de cet événementDodwcll cherche à établir que Thucydide a vécu jusqu’en 391. M. Letronne adopte au contraire la date de 402. Mais tout en réfutant très judicieusement Dodwell, il est loin de donner en faveur de son opinion une démonstration sans réplique.. L’époque de la publication de son histoire n’est pas moins incertaine : Diogène de LaërteII, 57. dit bien que Xénophon mit au jour l’ouvrage encore inconnu de Thucydide, lorsqu’il ne tenait qu’à lui de le supprimer ou de se l’attribuer. Mais, quoiqu’il n’y ait rien là que de très plausible, quelle valeur peut avoir, après un intervalle de six cents ans, le témoignage unique d’un rhéteur sans critique du temps de Marc- Aurèle ?