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Ἱστορίαι

Ἱστορίαι Thucydides

Kitap 1

126 Il y avait jadis à Athènes un homme appelé Cylon, vainqueur aux jeux OlympiquesLa tentative de Cylon pour s’emparer de la tyrannie d’Athènes eut lieu en 612 av. J.C., cinquante-deux ans avant l’époque où Pisistrate exécuta le même projet. On n’est pas d’accord sût l’olympiade où Cylon avait été vainqueur. ; il était d’une famille ancienne, noble et puissante, et il avait épousé la fille de Théagénès, tyran de Mégare. Un jour que ce Cylon consultait l’oracle de Delphes, le dieu lui répondit de s’emparer de l’acropole d’Athènes pendant la plus grande fête de Jupiter. En conséquence Cylon emprunta des soldats à Théagénès, s’assura du concours de ses amis ; et, quand vinrent les fêtes Olympiques du Péloponèse, il se saisit de l’acropole dans le but d’usurper la tyrannie. Il pensa que c’était la plus grande fête de Jupiter, et qu’elle le concernait lui-même, en sa qualité de vainqueur à Olympie. Était-ce en Attique ou ailleurs qu’avait lieu la grande fête dont parlait l’oracle, c’est ce qui ne vint point à l’esprit de Cylon et ce que le dieu n’avait point indiqué. Or il existe à Athènes une fête de Jupiter Milichios, surnommée la grande ; elle se célèbre hors de la ville, et le peuple entier y fait des sacrifices où plusieurs, en place de victimes, présentent des offrandes en usage dans le pays D’après le scholiaste, les pauvres offraient des gâteaux de farine qui avaient la forme d’animaux, tandis que les riches offraient des victimes proprement dites. . Cylon, croyant bien comprendre l'oracle, exécuta son dessein; mais les Athéniens n’en eurent pas plus tôt connaissance qu’ils accoururent en masse de la campagne, cernèrent l'acropole et en firent le siège. Comme il traînait en longueur, les Athéniens fatigués se retirèrent pour la plupart, en laissant aux neuf archontes le soin de le continuer, avec pouvoir (le prendre toutes les mesures qu’ils jugeraient convenables. En ce temps-là, c’étaient les archontes qui géraient la plus grande partie des affaires de PÉtatDepuis la constitution de Solon et les progrès de la démocratie à Athènes, les attributions des archontes furent successivement restreintes. A l’époque de la guerre du Péloponèse, ces magistrats n’avaient plus que des fonctions judiciaires, l’instruction des causes, la présidence des tribunaux et l’intendance des fêtes. Quant au crime cylonien, Hérodote (V, lxxi) l’attribue, non pas aux archontes, mais aux prytanes des naucrares, qui, selon lui, avaient alors l’autorité. Le passage de Thucydide pourrait être une rectification d’Hérodote (comme au chap. xx), quoique au fond les deux assertions ne soient pas contradictoires. . La troupe de Cylon, ainsi bloquée, avait beaucoup à souffrir du manque de vivres et d’eau Cylon s’esquiva avec son frère; les autres étant serrés de près, quelques-uns même mourant de faim t s’assirent en suppliants sur l’autel de l’acropole. Quand on les vit ainsi expirer dans le lieu sacré, ceux des Athéniens à qui la garde avait été commise, les relevèrent avec promesse de ne leur faire aucun mal; mais à peine furent-ils sortis qu’ils les tqèrent; chemin faisant, ils égorgèrent un certain nombre d’assiégés qui s’étaient assis au pied de l’autel des déesses vénérablesLes Euménides ou Furies, dont le sanctuaire se trouvait situé au pied de l’acropole. . Aussi furent-ils réputés impies et entachés de sacrilège, eux et leurs descendants. Ces impies furent chassés une première fois par les AthéniensLorsque, affligés par une maladie contagieuse, ils firent venir de Crète le devin Épiménide, qui ordonna la purification. d’Athènes, en 694 av. J. C. (Plutarque, Vie de Solon, xii.) , une seconde fois par le Lacédémonien Cléoménès, d’accord avec l’un des partis qui divisaient AthènesAvec le parti aristocratique ou la faction d’isagoras, à laquelle Cléoménès, roi de Lacédémone,' était venu prêter main-forte. (Hérodote, V, LXXII.) . On ne se contenta pas d’expulser les vivants ; on exhuma les ossements des morts pour les jeter hors des frontières. Cependant ces exilés rentrèrent plus tard à Athènes , et leur postérité s’y trouve encore aujourd’huiIl s’agit en particulier de la grande famille des Alcméonides, dont le chef Mégaclès se trouvait être premier archonte ou éponyme à l’époque du crime cylonien. .

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