Kitap 1
132
Les Lacédémoniens avaient fait aussitôt disparaître du trépied cette inscription, et graver à sa place les noms de toutes les villes qui avaient concouru à,la défaite des Barbares et consacré cette offrande. On n’en persistait pas moins à regarder cette action de Pausanias comme répréhensible ; et, depuis les dernières circonstances, elle venait à l’appui des soupçons excités contre lui. On parlait aussi de ses intrigues auprès des Hilotes, et rien n’était plus vrai ; il leur promettait la liberté et la bourgeoisie , s’ils voulaient s’insurger avec lui et seconder tous ses desseins. Malgré ces indices et nonobstant les révélations faites par quelques Hilotes, les Lacédémoniens ne voulurent point innover à son égard, et restèrent fidèles à leur coutume de ne pas se hâter, à moins de preuves sans réplique, quand il s’agissait de prononcer contre un Spartiate un irrévocable arrêt. Mais enfin le messager qui avait dû porter à Artabaze la dernière lettre de Pausanias au roi, et qui était un ArgilienArgilos, ville grecque en Macédoine, située à ΓΟ. d’Ampbipolis et colonie d’Andros. , jadis fort aimé de Pausanias et revêtu de toute sa confiance, devint, dit-on, son dénonciateur. Cet homme, faisant réflexion qu’aucun des précédents messagers n’était revenu, conçut des craintes; et, après avoir contrefait le cachet, de peur d’être découvert si sa défiance était mal fondée ou si Pausanias redemandait sa lettre pour y faire des changements, il ouvrit la missive ; et, comme il l’avait soupçonné, il y trouva la recommandation expresse de se défaire du porteur.