Kitap 1
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«Mon nom est Thémistocle. Je viens à toi, après avoir fait plus de mal qu’aucun des Grecs à votre maison, aussi longtemps que j’ai dû repousser les attaques de ton père ; mais je lui ai fait encore plus de bien, lorsque je n’eus plus rien à craindre et qu’il fut lui-même en péril pour sa retraite. Aussi ai-je droit à quelque reconnaissance (c’était une allusion à l’avertissement qu’il avait donné au roi sur le départ des Grecs de Salamine, et au service qu’il lui avait soi-disant rendu en empêchant la rupture des ponts). C’est avec le pouvoir de te servir plus efficacement encore que je viens ici. victime de mon amitié pour toi. Je désire attendre un an pour te communiquer de vive voix les motifs de ma venue. »
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Le roi admira, dit-on, la résolution de Thémistocle, et l’invita à donner suite à son dessein. Dans l’intervalle, Thémistocle apprit autant qu’il put la langue et les usages du pays; puis, l’année révolue, il se présenta au roi, qui l’éleva plus haut que pas un des Grecs venus auprès de lui. Il dut ces honneurs à l’estime qu’il s’était acquise, à l’espérance qu’il suggérait au roi de lui assujettir la Grèce, enfin à la haute intelligence dont il avait donné des preuves. Thémistocle avait montré de la manière la plus frappante ce que peut la nature ; à cefr égard, nul plus que lui ne méritait l'admiration. Grâce à la seule force de son génie, sans étude préalable ou subséquente, il jugeait par intuition des affaires présentes, et prévoyait avec une rare sagacité les événements futurs. Les questions qui lui étaient familières, il savait les mettre dans tout leur jour; celles qui étaient neuves pour lui, il ne laissait pas de les résoudre. Il discernait du premier coup d’œil les chances bonnes ou mauvaises des affaires encore obscures; en un mot, par son inspiration naturelle et sans aucun effort d’esprit, il excellait à trouver sur-le-champ les meilleures résolutions.