Kitap 1
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« Telle me paraît être, ou à peu près,, la situation des Pélo-ponésiens; la nôtre, loin de donner prise aux mêmes critiques, se trouve infiniment préférable. S’ils attaquent notre pays par terre, nous ferons voile contre le leur, et le ravage de l’Attique entière sera plus que compensé par celui d’une partie du Pélo-ponèse. Ils n’auront pas la ressource d’occuper un autre territoire sans combat, tandis que nous, nous possédons beaucoup de terres, soit dans les îles soit sur le continent; çar c’est une grande force que l’empire de la mer. Je vous le demande, si nous étions insulaires, quel peuple serait plus inexpugnable que nous? Eh bien! il faut nous rapprocher le plus possible de cette hypothèse, en abandonnant nos campagnes et nos habitations, pour nous borner à la défense de la mer et de notre ville, sans que la perte du reste nous inspire assez de colère pour nous faire livrer bataille aux forces supérieures des Pé-loponésiens. Vainqueurs, nous ne les empêcherions pas de revenir en aussi grand nombre; vaincus, nous perdrions du même coup ce qui constitue notre force, je veux dire nos alliés, qui ne se tiendraient pas en repos du moment où ils nous verraient hors d’état de marcher contre eux. Ce qu’il faut déplorer, ce n’est pas la perte des maisons ni des terres, mais celle des hommes ; car ce ne spnt p^s ces choses-là qui acquièrent les hommes, mais les hommes qui les acquièrent. Si je me flattais de vous persuader, je vous dirais : sortez et ravagez vous-mêmes vos campagnes, montrez aux Péloponésiens que ce n’est pas pour de tels objets que vous vous humilierez devant eux.