Kitap 1
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« En cet événement qui montra d’une manière éclatante que le salut des Grecs était dans leurs navires, nous mîmes pour notre part au service de la Grèce les trois principaux éléments de succès : les vaisseaux les plus nombreux, le général le plus habile et un zèle à toute épreuve. Sur quatre cents vaisseaux, nous en fournîmes à peu près les deux tiersD’après Hérodote (VIII, xlviii), le nombre exact des vaisseaux grecs rassemblés à Salamine était de trois cent soixante-dix-huit; celui des vaisseaux athéniens de deux cents (dont cent quatre-vingts montés par les Athéniens ou par les Platéens, et vingt prêtés à la ville de Chalcis). Le rapport indiqué par Thucydide est donc exagéré à l’avantage des Athéniens. Ce sont licences oratoires. La leçon τετρακοσίας est celle de tous les bons manuscrits. Poppo a cependant préféré τριακόσια;. Si ce dernier chiffre était véritable, l’orateur athénien n’aurait eu garde de dire à peu près deux tiers. ; notre général fut ce Thémistocle, qui obtint qu’on livrerait bataille dans un détroit, et qui par là évidemment sauva la patrie commune : aussi lui avez-vous décerné plus d’honneurs qu’à aucun des étrangers qui sont venus jamais à LacédémoneHérodote (VIII, cxxiv) rapporte que Thémistode s’étant rendu à Lacédémone après la bataille de Salamine, y reçut le plus honorable accueil. On lui décerna une couronne de laurier ; on lui fit présent du plus beau char qu’il y eût dans la ville; enfin, à son départ, trois cents jeunes gens à cheval l’accompagnèrent jusqu’à la frontière. ; enfin notre zèle fut poussé jusqu’aux dernières limites. Quand nous vîmes que, par terre, nul ne venait à notre aide, et que les autres peuples jusqu’à nos frontières étaient asservis, nous abandonnâmes notre ville, nous détruisîmes nos propriétés; et, ne voulant pas même alors trahir les alliés qui nous restaient encore, ou par notre dispersion leur devenir inutiles, nous montâmes sur nos vaisseaux pour affronter l’orage, sans vous garder rancune de votre tiédeur à nous secourir. Aussi pouvons-nous affirmer que nous ne fîmes pas moins pour vous que pour nous-mêmes. Quant à vous, c’est en laissant vos villes habitées, c’est pour en coqperver la possession, qu’alarmés sur votre salut bien plus que sur le nôtre, vous vous mîtes en campagne : car tant qu’Athènes fut debout, rien ne vint de votre côté ; tandis que nous, c’est en partant d’une ville qui n’existait plus, c’est en bravant le péril avec une bien faible espérance de la reconquérir, que nous aidâmes à vous sauver en nous sauvant nous-mêmes. Si au contraire, craignant comme tant d’autres pour notre pays, nous nous étions d’abord soumis aux Mèdes, ou que plus tard, nous considérant comme perdus, nous n’eussions pas eu le courage de nous embarquer, l’insuffisance de votre marine vous eût empêchés de livrer une bataille navale, et le Barbare fût arrivé sans obstacle à ses fins.