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XCV. Mais déjà la dureté de Pausanias commençait à peser aux GrecsPlutarque parle à plusieurs reprises (Vies de Cicéron et d’Aristide) des violences de Pausanias. Il allait jusqu’à frapper les chefs des nations alliées et à leur infliger des punitions dérisoires. particulièrement aux Ioniens et à tous ceux qui s’étaient récemment soustraits à la domination du roiCette défection avait eu lieu l’année des combats de Mycale et de Platée (479 av. J.-C).. Ils allèrent trouver les Athéniens, et les prièrent, au nom de leur commune origineParmi ces nouveaux alliés, Plutarque cite en première ligne les habitants de Chio, Samos et Lesbos., de se mettre à leur tête, et de les protéger au besoin contre les violences de Pausanias. Les Athéniens accueillirent cette demande et leur témoignèrent les meilleures dispositions, s’engageant à leur donner l’appui qu’ils réclamaient, et à prendre sur tout le reste les mesures qu'ils jugeraient les meilleures. Sur ces entrefaites les Lacédémoniens rappelèrent Pausanias pour le juger sur les faits venus à leur connaissanceSuivant Diodore de Sicile (xi, 44) ce furent les Péloponnésiens placés sous les ordres de Pausanias qui l’envoyèrent accuser à Sparte.. Les Grecs qui venaient à Lacédemone se plaignaient vivement de ses injustices ; dans son commandement il agissait plutôt en tyran qu’en général. Il fut donc rappelé au moment même où, en haine de lui, tous les alliés, à l’exception des soldats du Péloponnèse, se rangeaient sous les ordres des Athéniens470 ou 471 av. J.-C.. Arrivé à Lacédémone, il fut condamné pour violences envers des particuliers, mais absous sur les faits capitaux. Et pourtant on l’accusait surtout de médismeTrahison, intelligence avec les Mèdes. Cette accusation fut plus tard renouvelée, et Pausanias périt misérablement (V. plus bas i, 128.). et le reproche paraissait fondé. Le com- mandement ne lui fut pas rendu ; on envoya à sa place Dorcis et quelques collègues, à la tête d’une armée peu nombreuse. Mais les alliés refusèrent de se placer sous leurs ordres ; ils se retirèrent alors et ne furent pas remplacés. Les Lacédémoniens craignaient qu’au dehors leurs généraux ne se corrompissent, comme il était arrivé pour Pausanias« La détermination de Sparte parut étrange : Voyant que « leurs généraux se laissaient corrompre par ce pouvoir si consi- « dérable, ils cessèrent d’envoyer des généraux, préférant au « commandement de toute la Grèce des citoyens vertueux et le « maintien des anciennes moeurs » (Plut., Arist., 23.).. D’ailleurs, ils voulaient se débarrasser de la guerre médique ; ils croyaient les Athéniens en état de la conduire et étaient à cette époque en bons rapports avec eux.