Kitap 2
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LII. Ce qui contribua surtout à aggraver les maux du moment fut l’affluence de ceux qui vinrent de la campagne à la ville. Ces derniers eurent particulièrement à souffrir : sans maisons, sans autre abri, au plus fort de la chaleur, que des cabanes privées d’air, ils périssaient en foule ; en l’absence de tout ordre, les morts restaient entassés les uns sur les autres. On voyait des malheureux se rouler dans les rues, autour de toutes les fontaines, à demi morts et dévorés par la soif. Les temples mêmes étaient remplis des cadavres de ceux qui étaient venus s’y abriter et mourir. Car tel fut l’excès du mal et de l’abattement, que, ne sachant plus que devenir, on perdit tout respect pour les choses soit sacrées, soit profanes. Les lois suivies jusque-là pour les funérailles furent mises en oubli ; chacun ensevelissait ses morts comme il pouvait. Beaucoup même, manquant du nécessaire pour les sépultures, parce qu’ils avaient déjà perdu un grand nombre des leurs, eurent recours sans pudeur à d’indignes moyens : les uns allaient déposer leurs morts sur un bûcher étranger, et, devançant ceux qui l’avaient élevé, y mettaient le feu ; d’antres, pendant qu’on brûlait un cadavre, jetaient par-dessus le corps qu’ils portaient et s’en allaient.