Kitap 3
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« Tous les hommes sont poussés vers les dangers ; le pauvre par l’audace de la nécessité ; le riche par l’orgueil de l’opulence ; les autres par l’irrésistible entraînement des passions dont chacun dans sa position est possédé. A ces causes si fécondes en malheurs, ajoutez encore l’espérance et la convoitise. Celle-ci ouvre la voie, celle-là s’y engage sur ses traces. L’une forme des projets, l’autre compte sur le hasard pour les réaliser; et, comme elles agissent dans l’ombre, elles sont plus redoutables que les dangers manifestes. Enfin la fortune y joint ses excitations. Quelquefois elle surgit à l’improviste et précipite les faibles dans le péril. C’est surtout le cas pour les Etats, parce qu’il s’agit pour eux des plus grands intérêts, la liberté ou l’empire; et que chaque citoyen, se voyant appuyé par la masse, s’exagère follement ses propres forces. En un mot il est absurde, Userait d’une insigne naïveté, de croire que la nature humaine, une fois lancée à la poursuite de quelque objet, se laissera maîtriser par le frein des lois ou par toute autre crainte.