Kitap 3
66
LXVI. « La preuve que nous n’agissions point en ennemis, c’est que, loin de maltraiter personne, nous avons tout d’abord invité à se joindre à nous ceux qui voudraient se gouverner suivant les anciennes lois communes à tous les Béotiens. Vous avez accédé volontiers à ces propositions, et, après avoir fait un accord avec nous, vous êtes d’abord restés en repos ; mais ensuite, quand vous avez reconnu que nous étions en petit nombre, vous n’avez pas imité notre conduite à votre égard. — Et quand bien même il vous eût semblé que c’était un forfait inouï d’être entré sans l’aveu de votre populace, cela ne vous justifierait point. —Au lieu de nous engager à sortir, sans recourir à la violence, vous êtes tombés sur nous au mépris de la convention. Ce qui nous indigne surtout, ce n’est pas le massacre de ceux que vous avez tués dans la mêlée (ils ont péri victimes en quelque sorte du droit de la guerre) ; mais ceux qui vous tendaient des mains suppliantes, que vous aviez pris vivants, à qui vous nous aviez promis ensuite de laisser la vie, les avoir égorgés contre toutes les lois, n’est-ce pas une atrocité ? Et, après avoir commis ainsi trois crimes coup sur coup, infraction de l’accord, massacre après coup des prisonniers, violation de la promesse que vous nous aviez faite de ne pas les tuer, si nous respections vos campagnes, vous nous accusez d’avoir enfreint les lois, et vous prétendez échapper au châtiment de vos crimes ! Non, assurément, du moins si les Lacédémoniens jugent avec équité. Mais vous recevrez le prix de tous ces forfaits.