Kitap 3
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« Prenez donc en main, Lacédémoniens, la défense du droit commun de la Grèce, violé par eux ; accordeznous une légitime récompense en retour du zèle que nous avons montré, nous victimes de ce droit méconnu ; ne vous laissez pas séduire par leurs discours jusqu’à nous repousser ; montrez aux Grecs, par un exemple, que ce n’est point à l’éloquence que vous accordez des prix, mais aux actions : quand elles sont bonnes, il suffît de les énoncer en peu de mots ; mauvaises, les discours ornés et les belles paroles ne sont qu’un masque dont on les couvre. Si, au contraire, tous ceux qui ont le pouvoir, comme vous l’avez maintenant, sévissent contre les coupables ; si vous rendez une sentence qui, comme exemple, s’applique à tous en même temps, on cherchera moins désormais à faire de beaux discours sur des actes injustes. »
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LXVIII. Ainsi parlèrent les Thébains. Les juges lacédémoniens crurent que le mieux pour eux était de s’en tenir à la question proposée : « Si les Platéens leur avaient rendu quelque service pendant la guerre. » En effet, ils les avaient engagés primitivement à rester en repos, conformément au traité conclu avec Pausanias, après l’invasion des Mèdes ; puis, avant l’investissement de la place, ils leur avaient proposé de rester neutres, d’après les stipulations du même traité, ce qui n’avait pas été accepté : ils pensaient donc que les Platéens, en rompant le traité, s’étaient, de propos délibéré, exposés au mal qu’on leur avait fait. Ils les firent venir, et demandèrent de nouveau à chacun d’eux : « si, dans le cours de la guerre, ils avaient fait quelque bien aux Lacédémoniens et à leurs alliés. » Sur leur réponse négative, ils étaient emmenés et mis à mort. Personne ne fut excepté. Il n’y eut pas moins de deux cents Platéens égorgés ; vingt-cinq Athéniens, assiégés avec eux, subirent le même sort ; les femmes furent réduites en servitude.