Kitap 3
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LXXVIII. Les Corcyréens, faisant des attaques partielles et mal combinées, eurent beaucoup à souffrir. Les Athéniens, au contraire, craignant d’être enveloppés et accablés par le nombre, se gardèrent bien d’attaquer la masse ou le centre de l’ennemi ; ils fondirent sur une des ailes et coulèrent un bâtiment. Ensuite ils se mirent à voguer autour de la flotte péloponnésienne, rangée en bataille, et essayèrent d’y jeter le désordre. Ceux qui étaient opposés aux vaisseaux de Corcyre s’aperçurent de cette manoeuvre, et, craignant qu’il n’arrivât la même chose qu’à Naupacte, ils vinrent au secours des leurs. Tous leurs vaisseaux réunis voguèrent alors en même temps contre les Athéniens. Ceux-ci commencèrent à rétrograder lentement, en ramant à la poupe ; leur but était, avant tout, de permettre à la flotte corcyréenne d’opérer sa retraite, pendant qu’eux-mêmes reculaient peu à peu, et attiraient sur eux tout l’effort de l’ennemi. Ainsi se passa ce combat naval, qui finit au coucher du soleil.
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LXXIX. Les Corcyréens, dans la crainte que les ennemis ne profitassent de leur victoire, soit pour attaquer la ville, soit pour enlever de l’île les citoyens qu’on y avait déposés, ou pour exciter quelque mouvement, ramenèrent au temple de Junon ceux qui étaient dans l’ìle, et firent bonne garde dans la place. Mais les Péloponnésiens n’osèrent pas attaquer la ville, malgré leur victoire navale ; ils firent voile, avec treize vaisseaux corcyréens qu’ils avaient pris, vers le continent d’où ils étaient partis. Le lendemain, ils n’osèrent pas da- vantage se porter contre Corcyre, quoiqu’on y fût dans le trouble et la consternation, et que Brasidas le conseillât, dit-on, à Alcidas. Mais son avis ne put prévaloir : ils firent une descente au promontoire de Leucimne et ravagèrent la campagne.