Kitap 4
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CXX. Dans le temps même où l’on négociait la trêve, Scione, ville de l’isthme de Pallène, se détacha des Athéniens pour se donner à Brasidas. Les Scioniens prétendent être des Pallènes originaires du Péloponnèse ; leurs ancêtres, au retour de Troie, auraient été jetés dans cette contrée par la tempête qu’essuyèrent les Grecs, et s’y seraient établis. Après leur défection, Brasidas cingla de huit vers Scione. Il s’était fait précéder par une trirème amie ; lui-même suivait à distance sur un bâtiment léger, afin que, s’il rencontrait quelque bâtiment plus grand que le sien, la trirème pût le défendre ; que si au contraire il survenait une autre trirème de même force, il comptait qu’elle se tournerait plutôt contre le vaisseau que contre le bâtiment le plus faible, et qu’il aurait alors la possibilité d’échapper. Il fit heureusement la traversée, convoqua les Scioniens à une assemblée, et leur parla comme à ceux d’Acanthe et de Torone. Il ajouta qu’ils méritaient les plus grands éloges ; car, quoique les Athéniens, maîtres de PotidéeL’occupation de Potidée, sur l’isthme même, isolait complètement les Palléniens du continent, et les mettait à la merci des Athéniens, maîtres de la mer., sur l’isthme, isolassent Pallène du continent, et les réduisissent à la con- dition d’insulaires, ils avaient couru d’eux-mêmes au-devant de la liberté, sans attendre lâchement que la nécessité les obligeât à chercher ce qui était évidemment leur bonheur ; que c’était la preuve qu’ils sauraient supporter avec courage les plus grandes épreuves, une fois les affaires réglées suivant leurs désirs ; qu’il les regarderait comme les amis les plus sincèrement dévoués aux Lacédémoniens, et leur témoignerait tous les égards possibles.