Kitap 4
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Les Lacédémoniens, voyant les Athéniens maîtres de Cythère, et s'attendant à ce qu’ils feraient de nouveaux débarquements dans leur pays, ne leur opposèrent nulle part leurs forces réunies ; ils se contentèrent d’envoyer des détachements d’hoplites sur les points les plus menacés. Ils redoublaient de vigilance ; car tout leur faisait craindre quelque révolution : le désastre aussi terrible qu’imprévu arrivé à Sphactérie; la prise de Pylos et de Cythère ; enfin la vivacité d’une guerre qui multipliait autour d’eux ses coups inopinés. Aussi formèrent-ils, contrairement à leur usage, un corps de quatre cents cavaliers et un autre d’archers Sans doute un corps permanent de troupes mercenaires. La cavalerie de Lacédémone était mauvaise et peu nombreuse (Voyez Xénophon, JfeZL, VI, iv). Elle se composait de six compagnies de cent hommes, attachées à chacune des six divisions (μόραι) de l’armée lacédémonienne, et commandées chacune par un hippar-moste. Le service de cavalier était dédaigné par les Spartiates. Les archers étaient étrangers, ordinairement Crétois. . Plus que jamais ils étaient las de la guerre. Ils se voyaient engagés dans une lutte maritime qu’ils étaient mal préparés à soutenir, surtout contre des Athéniens, aux yeux desquels l’inaction était une perte véritable. Cette rapide succession de calamités inattendues les avait frappés de stupeur. Sans cesse ils appréhendaient quelque nouvelle catastrophe pareille à celle de Plie. En un mot, ils n’avaient plus la même hardiesse. Ils ne pouvaient faire un pas sans crainte de commettre une faute, tant leur confiance était ébranlée par des revers inaccoutumés.