Kitap 4
68
A mesure que ceux-ci ont franchi la porte, ils se dirigent vers la muraille. La garnison péloponésienne, quoique peu nombreuse, résista d’abord et eut quelques hommes tués ; mais bientôt la plupart des soldats prirent la fuite, épouvantés par cette attaque nocturne et par la trahison des Mégariens; car ils crurent toute la population complice. Une circonstance accidentelle les confirma dans cette erreur. Le héraut athénien fit de son chef une proclamation pour inviter les Méga-riens de bonne volonté à venir en armes se joindre aux Athéniens. Cette proclamation acheva d’intimider les soldats du Péloponèse. Ils se crurent en butte à une conspiration générale et se sauvèrent à Niséa.
68
Au lever du soleil, les murs étaient entièrement occupés. Une extrême agitation régnait dans Mégare. Les traîtres qui avaient négocié avec les Athéniens demandaient qu’on ouvrit les portes et qu’on sortît pour combattre. Or, il était convenu qu’aussitôt les portes ouvertes, les Athéniens s’y jetteraient. Les conjurés, pour être reconnus et moins exposés, devaient être frottés d’huile. Ils risquaient peu à ouvrir les portes ; car, suivant la convention, quatre mille hoplites et six cents cavaliers d’Athènes étaient arrivés d’Éleusis après une marche de nuit. Déjà les conjurés s’étaient frottés d’huile et se tenaient aux portes, lorsqu’un d’entre eux dévoila le complot aux citoyens qui l’ignoraient. Aussitôt ceux-ci accourent en foule et soutiennent qu’il ne faut point sortir; que c’est exposer la ville à un danger manifeste ; qu’auparavant, bien qu'on eût plus de force , jamais on ne l’avait osé ; qu’enfin, si Ton s’obstine, on se battra sur place. Au surplus, ils feignaient d’être dans l’ignorance du complot, et se bornaient à maintenir leur opinion comme la meilleure ; mais en même temps ils demeuraient près des portes, bien décidés à les défendre, de sorte que les traîtres ne pouvaient exécuter leur projet.