Kitap 4
86
t Quant à moi, je viens non pour opprimer les Grecs, mais pour les affranchir. A ma demande, les magistrats de Lacédémone se sont engagés parles serments les plus solennels à laisser l’indépendance à tous les alliés que j’aurais gagnés. D’ailleurs, notre intention n’est pas de vous faire entrer par force ou par ruse dans notre alliance , mais de vous délivrer des Athéniens. Vous ne devez pas me suspecter, puisque je vous offre les meilleurs gages, ni me regarder comme un impuissant protecteur, mais plutôt vous joindre à moi avec confiance.
86
« Si quelqu’un de vous appréhende que je ne soumette la ville à un parti, qu’il se rassure. Je ne viens point appuyer une faction, ni vous offrir une liberté illusoire, en entreprenant, au mépris de vos lois, d’asservir la majorité au petit nombre ou la minorité à la multitude. Un pareil joug serait plus intolérable que la domination étrangère , et nos efforts, à nous Lacédémoniens, n’auraient droit à aucune reconnaissance. Au lieu de gloire, nous ne recueillerions que le blâme. Les mêmes reproches que nous faisons aux Athéniens, on les rétorquerait contre nous, avec d’autant plus de justice que ceux-ci ne se piquent pas de vertu. Pour qui jouit de l’estime publique, il est .plus honteux de s’agrandir par l’astuce que par une violence flagrante. Celle-ci du moins trouve une sorte d’excuse dans le droit du plus fort qu’elle tient de la fortune; l’autre, au contraire, trahit un esprit bassement artificieux. Aussi apportons-nous la plus grande circonspection dans les affaires mêmes qui nous touchent le plus.