Kitap 5
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LIX. Il était déjà jour quand les Argiens, mieux renseignés, descendirent de Némée. Ils donnèrent au milieu des troupes de Phlionte et de Corinthe, tuèrent quelques Phliasiens et éprouvèrent eux-mêmes, de la part des Corinthiens, des pertes qui ne furent pas beaucoup plus considérables. Les Béotiens, les Mégariens et les Sicyoniens s’avancèrent vers Némée, suivant leurs instructions, mais n’y trouvèrent plus les Argiens; ceux-ci étaient déjà descendus, et, à la vue de leur territoire ravagé, s’étaient mis en ordre de bataille. En face d’eux étaient les Lacédémoniens, également en ordre de combat. Les Argiens se trouvaient cernés au milieu des ennemis : du côté de la plaine, les Lacédémoniens et les alliés qu’ils avaient avec eux leur fermaient toute communication avec la ville; les Corinthiens, les Phliasiens et les Pelléniens occupaient les hauteurs; la route de Némée était fermée par les Béotiens, les Sicyoniens et les Mégariens. Ils n’avaient pas de cavalerie; car, de tous leurs alliés, les Athéniens étaient les seuls qui ne fussent pas encore arrivés. Toutefois les Argiens et leurs alliés ne croyaient pas généralement la situation aussi critique : le combat leur semblait au contraire se présenter favorablement, et ils s’applaudissaient de tenir ainsi sur leur propre territoire et auprès de leur ville les Lacédémoniens enfermés. Mais, au moment même où les deux armées allaient en venir aux mains, deux Argiens, Thrasyllos, l’un des cinq généraux, et Alciphron, proxène des Lacédémoniens, allèrent trouver Agis et eurent avec lui une conférence pour empêcher le combat : ils disaient les Argiens disposés à donner et à recevoir toutes satisfactions réciproques sur le pied de l’égalité, si les Lacédémoniens avaient quelques griefs contre eux; à faire la paix pour l’avenir et à conclure un traité.